jeudi 21 février 2013

Israël : négociations pour la formation d'un gouvernement


Depuis les élections législatives du 22 janvier en Israël, l'intérêt des médias pour les négociations qui doivent permettre la formation d'un gouvernement s'est évaporé. Sans doute, les journalistes attendent qu'un gouvernement soit annoncé ; alors, les commentaires pourront reprendre à propos de sa composition, de ses objectifs... Pourtant, si nous suivions de plus près cette période, nous pourrions en tirer deux enseignements importants : le premier pour la France et qui concerne le mode de scrutin de la proportionnelle intégrale ; le second pour Israël et les intentions réelles du premier ministre israélien actuel et sans doute futur : Benyamin Netanyahou.
La proportionnelle intégrale
En comparant les résultats des élections législatives française et israélienne, on peut apprécier à sa juste valeur l'impact de la proportionnelle intégrale.
Le Parti socialiste et le parti du Likoud ont obtenu des résultats à peu près semblables : 29.35% des votes au premier tour pour le premier et 23.32% pour le second. En absence de scrutin proportionnel en France, cela a permis au Parti socialiste d'obtenir 48.53% des sièges. D'autre part, en Israël qui possède un mode de proportionnelle intégral, le Likoud a obtenu seulement 25.8% des sièges.
Benyamin Netanyahou – chef du parti du Likoud – doit donc assembler autour de lui un nombre suffisamment important d'autres partis politiques afin d'atteindre une équipe gouvernementale dont le poids minimum représentera 61 sièges, ce qui est la majorité absolue des sièges du parlement israélien.
Ainsi, depuis le 2 février – date à laquelle le Président israélien Shimon Peres a demandé officiellement à monsieur Netanyahou de former le prochain gouvernement – le Premier ministre négocie avec chaque parti politique afin de savoir s'il pourra constituer une équipe de parlementaires qui représentera la majorité au parlement.
Imaginons que la proportionnelle intégrale existe en France. L'Assemblée nationale serait alors composée de la façon suivante :


On note immédiatement une différence majeure avec l'Assemblée nationale issue du scrutin majoritaire : non seulement le Parti socialiste ne s'approche pas de la majorité absolue à lui seul, mais l'ensemble des partis politiques de gauche ne représente que 49.30% des sièges, tandis que les partis de droite sont majoritaires avec 50.70% des sièges.
En conservant la logique du système israélien selon lequel aux lendemains d'une élection législative le président de l'État demande au responsable du parti politique le plus apte à trouver une majorité, on mesure la difficulté. François Hollande aurait sans doute demandé à Jean-François Copé – secrétaire générale de l'UMP – à former le gouvernement. De fait, la droite est majoritaire, mais seulement en comptant les voix du Front national. Ainsi, l'équation aurait simple pour la droite : gouverner avec le Front national ou... être dans l'opposition.
Si François Copé avait finalement était incapable de trouver une majorité pour gouverner, François Hollande en aurait alors confié la mission à Martine Aubry. Pour les responsables du Parti socialiste, le pari n'aurait pas été plus simple. En réunissant les partis de gauche, on obtient seulement 49.30% des sièges. Il aurait alors fallu que le Parti socialiste parviennent à convaincre un petit nombre de députés de droite à soutenir une majorité de gauche. Ensuite, les négociations auraient commencé pour tenter de former un gouvernement majoritaire qui aurait tenu compte des nombreuses tendances des différents groupes qui l'aurait composé.
On le comprend facilement : la situation aurait été beaucoup plus difficile que celle du président Hollande et du Parti socialiste dans l'assemblée issus du scrutin majoritaire. C'est pour éviter ce casse-tête qu'aucun représentant des principaux partis politiques français ne peut être favorable à la proportionnelle intégrale.
L'argument que ces responsables avancent régulièrement pour s'opposer à la proportionnelle est celle de l'instabilité qui verrait le jour suite à des élections. S'il est certain que la tâche de former un gouvernement majoritaire est plus ardue et que l'assurance de terminer son mandat aux dates prévues moins grande, il est inexact de prétendre que cette instabilité a des conséquences négatives sur la situation économique d'un pays. De fait, aucune étude sérieuse n'a pu démontrer qu'un changement fréquent de gouvernement remet en cause la santé économique d'un pays.
Ainsi, en ignorant la proportionnelle intégrale, nos représentants politiques s'assurent une formation tranquille du gouvernement (lorsqu'ils remportent les élections) et des mandats qu'ils sont persuadés de compléter. En d'autres termes, leurs conditions de travail sont meilleures de celles des politiciens qui doivent subie le scrutin de la proportionnelle intégrale. Ceci aux dépends de la population qui ne voit pas ses choix se refléter dans la composition de leur parlement.
À suivre...
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lundi 18 février 2013

Accord de paix : propositions


Tandis qu'Israël est entrain de se doter d'un nouveau gouvernement – et que les Palestiniens ne s'entendent toujours pas entre Hamas et Autorité palestinienne – je n'oublie pas que le plus important sera pour les parties concernées d'atteindre la paix. Cette paix, Israël la mérite depuis 1948, date à laquelle l'ONU a confirmé sa déclaration d'indépendance et que les Arabes ont combattue ; le peuple palestinien la mérite, lui qui a eu le malheur d'avoir des leaders qui ont toujours été intéressés à d'autres objectifs que la paix. 
Le président américain Barack Obama a déclaré récemment qu'il se rendrait dans la région au mois de mars. L'occasion doit être saisie pour relancer un processus de paix moribond. Pour cela, il faudra convaincre les leaders politiques israéliens que le statu quo ne peut plus durer, pour le bien du peuple palestinien avant tout, mais également pour les Israéliens eux-mêmes. D'autre part, il faudra convaincre les leaders politiques palestiniens de choisir le chemin de la paix. Pour le Hamas, ses dirigeants devront décider de mettre fin à leur volonté d'éradiquer l'État d'Israël – ce qui signifie cesser la lutte armée et reconnaître l'État hébreu – et pour l'Autorité palestinienne, il faudra que Mahmoud Abbas ait le courage de désavouer le Hamas – si celui-ci continuait sur son chemin actuel – et de retourner à la table des négociations qu'il a abandonnée depuis plusieurs années.


Je présente ci-dessous ce qui serait mes propositions au Président américain si j'étais son conseiller. En agissant de la sorte, j'utilise le privilège du citoyen du monde qui possède un accès à internet et la possibilité d'exposer ses idées sans être menacé d'aucune sorte. Ses propositions sont évidemment ouvertes aux critiques constructives ; leur caractéristique est de se vouloir réalistes et de mettre la notion de compromis au centre des pourparlers. (Pour avoir plus d'explications à propos de ma démarche, on peut lire ce texte.)

Présupposés
  • Les parties prenant part aux négociations adhèrent au concept de « deux nations, deux États » qui signifie la reconnaissance mutuelle et le droit des deux parties à vivre dans leur propre pays. Du côté palestinien, cela exclut pour l'instant le Hamas, tandis que du côté israélien, le premier ministre Benyamin Netanyahou devra s'assurer que ce concept recevra un accueil positif (c'est-à-dire majoritaire) à la Knesset.
  • Les parties s'engagent à faire ratifier par leur parlement respectif l'accord qu'elles auront signé.

Points de négociation
1. Limites territoriales de 1967
Les futures frontières entre les deux États devront suivre à peu de chose près les limites tracées après le conflit de 1967 (accord de principe de Mahmoud Abbas).

2. Statut de Jérusalem
La ville de Jérusalem doit être la capitale des deux pays. Cela signifie que ce qu'on appelle aujourd'hui « Jérusalem-est » deviendra la capitale de l'État de Palestine (accord de principe de l'ancien premier ministre israélien Ehud Olmert)1.

3. Droit de retour des réfugiés palestiniens
Les deux parties discuteront d'un accueil symbolique en Israël d'un nombre limité de familles palestiniennes2 originaires de ce qui est aujourd'hui l'État d'Israël. À l'exception de ce geste symbolique, la partie palestinienne accepte d'abandonner la revendication du droit de retour des Palestiniens3.

4. Sécurité des Israéliens au sein de l'État palestinien
Les deux États s'engagent à assurer la sécurité de tous leurs citoyens, sans égard pour leurs croyances religieuses. Conséquemment, il sera offert aux Israéliens qui vivent aujourd'hui dans ce qui sera le futur État palestinien d'obtenir la nationalité palestinienne. Leur sécurité sera – d'une façon provisoire – assurée conjointement par les forces de police palestinienne et israélienne.

5. Levée du blocus de Gaza
Dans les jours qui suivront la signature par les deux parties du traité de paix, Israël mettra fin au blocus de la bande de Gaza (c'est-à-dire du contrôle de l'espace maritime de la bande de Gaza.

Alternatives au traité de paix 
Dans l'éventualité où ce traité de paix ne pourrait pas être signé par les deux parties4, il sera mis fin aux négociations entre celles-ci. Il sera alors demandé à la communauté internationale (à travers le Conseil de sécurité de l'ONU) de reconnaître les frontières actuelles de l'État d'Israël – avec la ville de Jérusalem en sa totalité comme capitale de cet État – comme définitives. En même temps, il sera laissé aux Palestiniens le choix de choisir leur préférence : un État palestinien qui inclurait les territoires actuels de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, d'envisager une annexionde la bande de Gaza par l'Égypte, de créer une confédération entre la Cisjordanie et la Jordanie ou d'autres éventualités qui pourront voir le jour.
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Notes
1 Pour les Israéliens, cet aspect du traité sera certainement le plus difficile à faire accepter par leur parlement. Nous pensons toutefois que cela sera possible en considérant l'effort demandé aux Palestiniens en ce qui concerne le droit de retour des réfugiés (voir point suivant).
2 Un accord devrait intervenir sur l'accueil de quelques centaines de familles.
3  L'origine précise de l'existence des réfugiés est un sujet qui ne fait pas l'unanimité chez les historiens. Dans tous les cas, dans la mesure où un effort important est demandé à la partie israélienne en ce qui concerne le statut de Jérusalem, il est demandé un effort tout aussi conséquent aux Palestiniens.
4 Vraisemblablement à cause du refus israélien de séparer la ville de Jérusalem ou le refus palestinien d'abandonner la revendication du droit de retour pour les réfugiés.
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Accord de paix : explicatif


Je publie aujourd'hui un accord de paix entre Israël et les Palestiniens issu de ma réflexion. Cet accord se veut réaliste et place l'atteinte de la paix comme une obligation. Comme tous les compromis, on pourra estimer qu'il est satisfaisant... pour aucune partie. Pourtant, si l'on garde la paix comme objectif obligatoire, il n'existe pas d'autres possibilités que les compromis.


Cet accord tient compte des aspects suivants :

  • Chacune des deux parties sont déjà prêtes à s'entendre sur les frontières du futur État palestinien : celles de l'armistice de 1967.
  • Chacune des deux parties possède un élément de négociations qu'elle sait perdu d'avance, mais qu'elle conserve afin de le faire peser dans les négociations.
    Du côté palestinien, la revendication du droit au retour des réfugiés palestiniens ne pourra jamais être acceptée par l'État d'Israël. La raison de cette impossibilité est double : 1) Israël estime que si les Palestiniens avaient accepté en 1947 la décision de l'ONU de voir créer deux États – un juif et un arabe – côte-à-côte, il n'y aurait pas eu de réfugiés. 2) Dans tous les conflits, la notion de « réfugiés » a toujours été accordée aux personnes qui ont fui un lieu géographique particulier, mais pas à leurs descendants. L'exception qui a été faite pour les réfugiés palestiniens n'a jamais été acceptée par l'État d'Israël. La différence entre ces deux définitions est importante : 800 000 personnes dans le premier cas et plus de 4 millions dans le second. 3) Il semble impossible de demander à un pays d'à peine plus de 6 millions d'habitants d'accueillir plus de 4 millions d'habitants.
    Du côté israélien, l'idée de séparer la ville de Jérusalem et d'en faire une capitale pour deux pays touche le cœur de l'immense majorité des Israéliens. Pour différentes raisons (politiques, de sécurité, religieuses...) cette possibilité semble hors de vue. Pourtant, devant l'insistance des Palestiniens à faire de cette ville leur capitale, on envisage difficilement qu'un accord puisse être trouvé qui laisserait toute la ville aux mains israéliennes. Ainsi, même si les aspects sécuritaires ne devront pas être ignorés – et qu'une formule devra être trouvée afin que des éléments déstabilisateurs ne pourront pas s'introduire en Israël depuis Jérusalem, les Israéliens n'auront pas d'autres choix que de partager la ville en deux.
  • Des alternatives au traité de paix sont proposées. La raison est qu'il nous semble peu probable que le Hamas puisse donner son accord à un tel traité. L'avenir dira si ce mouvement acceptera de changer son approche, mais dans la mesure où cela ne nous semble pas être le cas, ces alternatives permettent de sortir d'une situation qui serait autrement bloquée.

Les commentaires sont certainement les bienvenus, mais il serait apprécié de garder l'aspect réaliste de la situation. Chaque partie peut rêver ce qu'elle veut, mais cela est sans aucun doute la meilleure recette pour que le conflit fasse encore les unes des médias dans un demi-siècle.
D'autre part, si l'on désire qu'une paix puisse être acceptée par les deux parties, il est nécessaire d'admettre que chacune doit faire des efforts importants.
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jeudi 14 février 2013

L'affaire Mohammed Al Dura


Au mois de septembre 2000, lors d'un échange de feu entre l'armée israélienne et des palestiniens, des images difficiles ont été filmées à propos du jeune Mohammed Al Dura et de son père. Sous les balles, le père demandait un arrêt des tirs, tandis que son enfant tentait de se protéger sur ses genoux.

Quelques instants plus tard, on aperçoit le jeune Mohammed et une voix qui crie : "L'enfant et mort ! L'enfant est mort !" Que s'est-il passé exactement ce jour-là ?

Pour le journaliste d'Antenne 2 - Charles Enderlin - le doute n'existe pas : ce sont les tirs de l'armée israélienne qui ont tué l'enfant. Selon Philippe Karsenty, il s'agit plutôt d'une imposture : l'enfant n'a jamais été tué, les tirs provenaient des Palestiniens et le tout devait servir à démontrer l'agression israélienne. Ni Charles Enderlin, ni Philippe Karsenty n'étaient sur les lieux de l'incident. Comment savoir ce qui s'est passé réellement ?

Le documentaire (en deux parties) présenté ci-dessous dresse le tableau des points obscurs de cette affaire. Sans prendre position, ses auteurs relèvent les contradictions que nous pouvons apprécier à leur juste valeur. Il est important de regarder ce documentaire afin de se faire une idée précise de l'affaire.





En résumé, les questions les plus importantes à se poser sont les suivantes :
  1. Des examens ont prouvé que les tirs d'armes qui sont censés avoir tué le petit Mohammed ne pouvaient pas provenir du côté israélien. Dans ce cas, de quel côté provenaient-ils ?
  2. L'enfant - après avoir été déclaré mort - semble avoir bougé tout seul de place à plusieurs reprises. Comment cela fut-il possible ?
  3. Des images tournée quelques secondes après le drame ne montrent aucune trace de sang à l'endroit où l'enfant aurait été tué. Plus tard, lorsque les journalistes furent invités pour filmer les lieux, on aperçoit une grosse flaque de sang. D'où venait-elle ?
  4. Que signifient les différentes scènes dans lesquelles on voit des Palestiniens soit-disant blessés, mais qui selon toutes probabilités semblent avoir joué la comédie ?
  5. Que faisaient tous les spectateurs que l'on aperçoit sur les lieux et qui n'ont manifestement pas l'attitude de personnes en situation de danger - prises sous le feu israélien - mais plutôt celle d'individu qui assistent à un tournage de film ?
  6. Que signifie le signe "deux" que fait avec une main le caméraman palestinien et qui semble indiquer qu'il s'agit de la deuxième prise de vue, comme le font les caméramen lors d'un tournage d'un film ?

Nous n'avons pas les réponses à ces questions. De nombreux journalistes (danois, allemands, israéliens...) doutent sérieusement de la véracité de la version palestinienne. Le caméraman palestinien lui-même affirme que l'enfant n'a pas été tué. Alors ?

(On pourra consulter avec intérêt le résumé de l'affaire sur Wikipedia.) 
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samedi 9 février 2013

Soutien au blocus de Gaza


(La seule raison pour laquelle nous devons soutenir le blocus de Gaza est résumée dans l'article ci-dessous. Ce blocus a été reconnu légal par l'ONU et il est vital pour la survie d'Israël)
L'armée égyptienne arrête cinq livraisons d'armes en direction de la bande de Gaza
L'armée égyptienne a intensifié ses activités dans le Sinaï, au cours des dernières semaines et déjoué cinq tentatives de contrebande d'armes vers la bande de Gaza.


De grandes quantités d'armes ont été saisis par l'armée égyptienne dans le cadre de vastes opérations militaires qui ont conduit à déjouer les cinq tentatives de contrebande d'armes dans la région côtière.

Plus tôt en janvier, les services de sécurité égyptiens a annoncé qu'elle a réussi à découvrir une installation de stockage d'armes chargés de missiles, y compris les avances antichars et missiles antiaériens, que les trafiquants d'armes destinaient à la contrebande dans la bande de Gaza via les tunnels transfrontaliers. L'installation était située à Bir el-Lahfan, au sud de Al-Arish.

En décembre de l'année dernière, la sécurité égyptienne est parvenue à situer une installation de stockage de missiles dans la même région et a confisqué 17 missiles français qui étaient prêts à être introduits en contrebande dans la bande de Gaza via les tunnels.
(Si Israël levait demain le blocus, qu'arriverait-il ? L'Égypte organise elle-même son blocus envers Gaza. Qui en parle ? Les Fréres musulmans égyptien persécutent-ils les Palestiniens ?) 
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vendredi 8 février 2013

Impartialité à trouver


Cher ami,
Vous m'avez récemment interpellé à propos de ma façon d'aborder le conflit israélo-palestinien. Une de vos remarques concernait le choix de mes sources. Vous m'avez rappelé l'importance de veiller à la fiabilité de celles-ci, principalement lorsqu'on aborde un sujet aussi délicat que le conflit qui fait rage – depuis bien trop longtemps – dans cette région du monde. D'une façon plus générale, vos critiques mettaient en doute ma « bonne foi » ou mon « impartialité. » Permettez-moi d'utiliser la tribune de mon blog pour vous répondre.
Je ne suis pas journaliste, pas plus qu'homme politique. Je n'ai aucun compte à rendre, si ce n'est à ma conscience. Je dis cela afin d'être clair sur les raisons qui me font publier et-ou écrire des textes sur mon blog. Le sujet du conflit en Israéliens et les Palestiniens n'est pas le seul sujet que j'aborde souvent : la laïcitéet sa place dans la société française, le respect envers l'Islam et les Musulmans... sont également des sujets que je traite régulièrement.
J'utilise mon blog en tant que simple citoyen du monde qui ne possède aucune connaissance hors du commun, ses qualités et ses défauts, ses points forts et faibles. Je n'ai jamais prétendu à l'impartialité, cela serait trop ridicule. De fait, ce sont les échanges constructifs que j'ai la possibilité d'avoir avec des personnes qui ne pensent pas comme moi qui m'enseignent énormément et me permettent de corriger mes nombreux travers.
En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien – et contrairement à ce que vous m'avez laissé penser – je ne privilégie aucune source, si ce n'est celles dont le « ton » me semble juste. Je vous l'accorde : ma notion de la justice m'est personnelle ; cependant, ne sommes-nous tous pas fixés à la même enseigne : essayer de penser, de dire et de faire avec nos propres défauts, biais, etc ?
Ainsi, je publie des textes ou me réfère à des auteurs et-ou journalistes dont les origines sont diverses : françaises,israéliennespalestiniennesjuivesmusulmanesprotestantes, etc. Ces personnes publient leurs articles dans des revues extrêmement diverses et dont certaines sont sionistesanti-sionistes,francophonesanglophonesjuivesarabes... Peu importe qui sont ces personnes : dans la mesure où ce qu'elles disent ou écrivent me paraît juste, j'en tiens compte et – dans la mesure du possible – je le publie.


Dans les nombreux billets que j'ai écrit sur ce sujet, il n'y en a pas un seul dans lequel : 1) je nie au peuple palestinien le droit à posséder leur pays ; 2) je m'oppose aux décisions de l'ONU envers l'État d'Israël et 3) je donne un blanc-seing au gouvernement israélien dans sa façon de gérer ce conflit. C'est pour cette raison que je me définis comme militant palestinien (car je soutiens une Palestine libre et indépendante), tout en n'étant pas anti-sioniste (car je maintiens le droit à l'existence de l'État hébreu). Si dans tout ce que j'ai écrit, on relevait une atteinte des droits des Palestiniens, on me rendrait service en me le signalant car j'aurais commis une erreur.
Dans ma façon de traiter le conflit, ma thèse est la suivante : les leaders politiques palestiniens ne servent pas les intérêts de leurs peuple. Dans le cas du Hamas (à Gaza), l'objectif est d'implanter l'islamisme à l'image de ce qui se passe en Égypte – dirigée par les Frères musulmans – et dans de nombreux autres pays arabes. D'autre part, dans le cas de l'Autorité palestinienne (en Cisjordanie), l'objectif consiste à faire perdurer une situation grâce à laquelle un pouvoir politique corrompu – à l'image de l'ancien pouvoir de Hosni Moubarak et des autres dictateurs arabes – qui profite à un petit nombre de personnes. Dans les deux cas, la première victime est le peuple palestinien à qui ont a ôté le droit à la parole.
Contrairement à ce que vous m'avez dit, je ne trouve pas fréquemment dans les médias et le milieu politique français une condamnation claire et sans équivoque à l'égard du Hamas et de l'Autorité palestinienne. Pour le Hamas, je constate que ce mouvement est régulièrement présenté comme légitime, alors qu'il a expulsé d'une façon totalement illégale en 2007 les représentants de l'Autorité palestinienne et n'est donc qu'un pouvoir usurpateur. En ce qui concerne l'Autorité palestinienne, les hommages sont quotidiennement rendus à son président – Mahmoud Abbas – qui pourtant, ne vaut pas mieux que l'ancien dictateur égyptien, tunisien, libyen...
Voici ma méthode : ce que nous avons tendance à dénoncer (corruption politique, le danger de l'islamisme, oppression des peuples, etc.) dans la plupart des cas, je le dénonce également à Gaza et en Cisjordanie. Je suis désolé de constater que cela n'est pas souvent le cas dans les médias. C'est parce que je suis persuadé que ce conflit serait déjà réglé si les leaders politiques palestiniens se battaient réellement pour leur peuple que je les dénonce aussi souvent. Ces dénonciations ne devraient jamais être prises pour diminuer le droit à la liberté des Palestiniens ; il me semble vous en avoir expliqué les raisons.
Cordialement,
Lucas Martin
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dimanche 3 février 2013

Israël : un État religieux ?


On l'entend souvent : Israël serait un État religieux. D'ailleurs, l'insistance du premier ministre israélien pour que les Palestiniens reconnaissent l'État d'Israël en tant qu'État juif ne serait pas la preuve la plus flagrante ? Que signifie « être Juif », si ce n'est un sentiment religieux ? Pourtant, cela n'est pas exact et c'est parce qu'il n'a pas compris cela que Shlomo Sand publie ses livres. Selon Sand, pendant plusieurs siècles, le concept de « Peuple juif » a été artificiellement entretenu alors qu'on aurait dû parler de « communauté religieuse. »

Les fondements du nationalisme

Ce raisonnement n'est pas le bon car il ignore les fondements du nationalisme. La question peut se poser d'une façon très simple : « Quelle est la définition d'une nation ? » L'étude du nationalisme est relativement récente dans les universités et il existe certainement plusieurs définitions. Si certains auteurs mettent en avant les origines ethniques, d'autres préfèrent parler des institutions politiques distinctes dans lesquelles chaque nation tire sa fierté. D'autres auteurs relèvent le facteur géographique : une nation est un groupe de personnes qui vivent dans un certain espace géographique. La liste est longue de critères qu'il est possible de prendre en compte, selon l'auteur qu'on étudie.

Un des auteurs classiques du nationalisme – Benedict Anderson – a inventé un concept qu'il est impossible d'ignorer lorsqu'on étudie le nationalisme : selon Anderson, la nation existe – avant tout – dans l'esprit des membres qui la compose. Ainsi, Anderson parle de « communautés imaginées », c'est-à-dire de communautés qui existent dans un imaginaire commun. Les « communautés imaginées » d'Anderson reposent sur le fait que nous ne voyons jamais – face-à-face – l'immense majorité des membres de la nation à laquelle nous appartenons. Pourtant, dans notre esprit, il existe un certain nombre d'affinités entre les membres de notre nation (et ces affinités changent évidemment pour chaque nation), ce qui nous permet de nous identifier à elle (par exemple : la nation française.)

Les ouvrages de Benedict Anderson sont très enrichissants et méritent certainement plus que ces quelques lignes succinctes d'explication. Pourtant, cela nous permet de comprendre l'essentiel de sa pensée : une nation existe car... ses membres le désirent. Logiquement, il devient aisé de comprendre les raisons pour lesquelles le Peuple juif existe depuis des millénaires : durant toute cette période, des individus se sont toujours identifiés à ce peuple.

Il est maintenant également facile de comprendre pour quoi le facteur de la religion ne peut pas être le seul pris en compte afin de définir le Peuple juif. On peut penser que ce facteur soit effectivement important pour les Juifs croyants, mais pour tous les autres ? Quels argument pouvons-nous rétorquer (et de quel droit) à une personne qui se définit comme « juive », même si elle ne pratique d'aucune façon le Judaïsme ? Selon Benedict Anderson, la réponse est simple : aucun argument valable ne peut tenir face à cette personne. Le seul fait qu'elle se définisse comme juive suffit pour la considérer juive.

Après ce préambule, la notion d'« État juif » ne doit donc pas être forcément définie comme une notion religieuse, mais comme une « communauté imaginée » d'un nombre important de personnes qui se définissent comme « juives ». S'il s'agissait d'un concept religieux, celui-ci possèderait plusieurs critères qui lui font défaut aujourd'hui.


 
(Leaders politiques israéliens)

Un État religieux – peu importe la religion – devrait certainement être rattaché à un ordre religieux. C'est de ses hauts représentants que l'État devrait recevoir ses ordres et d'aucune façon, l'État aurait la possibilité de se trouver en conflit avec son « Église. » Si tel était le cas, il ne deviendrait plus religieux, changerait de religion. Par exemple : un État ne pourrait pas se déclarer musulman et permettre la commerce du porc et de l'alcool dans ses frontières. Un autre État ne pourrait pas se déclarer chrétien et autoriser le mariage pour homosexuel. Enfin, un État ne pourrait pas prétendre être juif et posséder des jours de fêtes qui n'existent pas dans le Judaïsme.

Dans tous les cas, on conviendra – comme nous l'avons dit plus haut – qu'un État religieux reçoive ses ordres des représentants religieux et qu'un conflit ne pourrait pas exister entre les deux car les autorités religieuses auraient toujours le dernier mot.

Israël et la religion

À bien des égards, le rapport que l'État d'Israël entretient avec le Judaïsme peut être comparé à celui que la France entretient avec le Christianisme. Dans les deux cas, les institutions publiques sont fermées les jours de fêtes religieuses, des vœux de Noël (en France) ou du jour du Grand Pardon (en Israël) sont formulés pas les maires, leaders politiques... Pourtant, pas plus que la France est un État religieux, Israël ne l'est.

Dans les deux cas, les dirigeants politiques ne sont pas aux ordres de responsables religieux et leurs décisions à propos de l'art de gouverner reposent sur des raisons qui se situent en dehors de la sphère religieuse (politiques, économiques, internationales...) Pas plus qu'on ne verra un président français aller demander ce qu'il faut faire à un archevêque, on ne verra un premier ministre demander à un grand rabbin d'Israël quel chemin il doit suivre.

Dans les deux cas, les dirigeants politiques peuvent inviter les représentants religieux afin de connaître leurs opinions à propos de tel ou tel sujet. La raison est simple : les représentants religieux sont invités parmi un nombre d'organismes, d'institutions... dont l'État désire s'enquérir de leur position sur un aspect particulier. Bien sûr, l'État ne possède aucune obligation de suivre ce que disent les représentants religieux.
Enfin, il est important de rappeler l'existence dans les deux pays d'une instance politique suprême (en France : le Conseil constitutionnel et en Israël : la Cour suprême) dont l'objectif est celui de s'assurer que les lois votées par le parlement sont conformes à des principes qui n'ont rien de religieux (droits de l'homme, égalité entre hommes et femmes, droits des enfants...)

Alors : Israël est-il un État religieux ? Toutes les évidences prouvent que non. Pour les personnes qui ne sont toujours pas convaincues, voici quelques indications supplémentaires :
  • Dans un État religieux, serait-il normal que des membres religieux du Parlement soient régulièrement mis en minorité ?
  • Dans un État religieux, serait-il normal que le Premier ministre – ainsi que la majorité des membres du gouvernement – ne suivent pas la religion (qu'ils seraient censés représenter en que leaders religieux) ?
  • Dans un État religieux, serait-il normal que la Cour suprême soient composée de membres qui ne le sont pas ?
  • Dans un État religieux, serait-il normal que des lois contraires aux préceptes religieux soient régulièrement votées ?
(Le sujet est trop vaste pour être abordé d'une façon satisfaisante en quelques lignes. Cependant, les points cités dans ce texte sont autant d'invitations à la réflexion et au commencement d'un raisonnement.)
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jeudi 31 janvier 2013

Cuisine et apartheid en Israël


(En Israël, une émission télévisée est particulièrement populaire : MasterChef. Plusieurs candidats sont réunis pour cuisiner les meilleurs plats et un jury vote afin de récompenser les meilleurs.) 

C'est une amitié  improbable qui lie les deux finalistes de la version israélienne de l’émission MasterChef. Celle entre Elinor Rahamim, habitante d'une implantation en Judée et Samarie et Salma Fayumi, une infirmière musulmane de Kfar Qasm. 

"Je pense que nous avons déçu tous ceux qui attendaient des querelles entre nous" confie Elinor
Cette amitié s'est forgée sur le tournage de MasterChef, entre les casseroles et les plats qui mijotent. Salma et Elinor, bien qu'elles représentent deux communautés diamétralement opposées de la société israélienne, ont en effet, beaucoup de points communs.




"Sur le plateau, je n'ai pas vu la moindre différence entre Salma et les autres compétitrices», raconte Elinor "mais une fois à l'écran,  j'ai réalisé l'ampleur de cette union".

"Je ne juge pas les gens par les regards», explique Salma "Certaines personnes rayonnent de bonté et vous tombez  sous le charme directement. Beaucoup de personnes ont remarqué ma connexion à Elinor car ils savaient  que nous avions des personnalités semblables ".

Elinor ajoute que lorsqu'elle a rencontré  Salma, elle a vu "une personne merveilleuse""Je n'ai pas vu un drapeau, j'ai vu une personne, comme pour les autres, le concurrent végétalien juif qui vote pour un parti de Gauche, s'oppose lui aussi au fait que je vive dans une implantation dans le nord des collines de Judée en Cisjordanie"

Les deux jeunes femmes tentent de trouver la recette de la paix et de  l'amour entre Juifs et Arabes, mais leur relation fournit également un aperçu plus profond de ce conflit, les préjugés et la peur qui séparent les deux camps. Par exemple, l'entretien n'a pas pu se faire dans l'une de leurs maison. 

Elinor exprime à Salma sa peur de se rendre dans un endroit où "tout le monde me regardera", malgré le fait qu'elle lui fasse totalement confiance.

Salma non plus, ne voulait pas se rendre chez Elinor, par crainte des réactions du village.

La réunion s'est finalement tenue dans un café de Tel Aviv

La guerre entre Israël et la bande de Gaza a posé un premier obstacle à cette nouvelle amitié, mais même les roquettes tirées sur Israël n'ont pas ébranlé leurs point de vue pacifiques.

«Ce n'est pas Salma qui a tiré ces roquettes en provenance de Gaza», conclut Elinor.
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jeudi 11 octobre 2012

Conflit israélo-palestinien : mes vérités


Sans doute, aurais-je dû commencer par cela : présenter ma thèse à propos du conflit israélo-palestinien. Ce sujet est délicat et l'aborder sans tenir compte des sensibilités des uns et des autres m'a valu des critiques acerbes lors de la publication de mes billets qui abordent ce sujet.
Je me qualifie comme un militant palestinien car j'aspire à l'indépendance de la Palestine, dans un avenir le plus proche possible. En même temps, ma démarche est respectueuse du droit du peuple juif de posséder son pays – puisque tel est son désir – et c'est pour cette raison que je me qualifie également de militant pour l'État d'Israël.
Rares sont les individus qui sortent d'une approche dichotomique. Selon leur logique, on doit soutenir l'action des palestiniens contre celle des israéliens, ou l'inverse. Je me refuse à réduire mon raisonnement à une vision qui ne peut pas permettre d'atteindre ce que j'attends avec tant d'impatience : une paix juste et durable entre ces deux peuples.


Du côté palestinien, la situation est différente entre ceux qui vivent à Gaza – sous l'autorité du Hamas – et ceux qui vivent en Cisjordanie, sous la direction de l'Autorité palestinienne. Pour les premiers, ma conviction est que les leaders politiques ne désirent pas la paix avec les israéliens. Plutôt, leur objectif ultime est d'éradiquer l'entité juive qui existe au Proche-Orient.
Je reconnais que cette proposition peut choquer certains – et avant tout les israéliens – mais la réalité me force à l'admettre. Au nom de l'islam, le Hamas estime qu'une présence juive sur la terre arabe est une insulte faite à leur religion et aucun processus de paix ou conférence internationale n'a pu, ne peut et ne pourra changer cela.
Le Hamas a toujours dit ce qu'il pensait : non aux négociations, non à la reconnaissance de l'État d'Israël et non à la paix. Le terrorisme est sa marque de fabrique, la charia sa motivation et il est naïf de croire qu'il pourra vivre aux côtés d'un État juif.


L'Autorité Palestinienne joue un rôle plus complexe. Ses dirigeants ont proclamé maintes fois leur reconnaissance de l'État d'Israël et ont participé depuis plusieurs années à de multiples négociations avec l'État juif. Cependant, cette autorité ne possède pas suffisamment de poids politique pour se séparer officiellement du Hamas.
Ainsi, un double discours est souvent entendu : une position ferme et dure à l'encontre d'Israël lorsqu'il s'agit de négocier une entente avec le Hamas afin de former un gouvernement national palestinien. D'autre part, un discours plus ouvert aux négociations lorsqu'il est adressée au président américain ou aux dirigeants européens.
Cette position de l'Autorité Palestinienne explique – selon moi – son choix tactique afin de négocier avec Jérusalem. Officiellement, l'Autorité Palestinienne désire négocier, mais elle le déclare en imposant des conditions à la discussion que le gouvernement israélien ne peut que refuser. De la sorte, elle ne rompt pas avec le Hamas, ni l'Occident.
Pendant ce temps, que peut faire Israël ? Le sud du Liban : les forces israéliennes n'y sont plus ; le Sinaï : il a été rendu à l'Égypte ; Gaza : plus un seul soldat israélien s'y trouve. La Cisjordanie : le pouvoir administratif a été largement transféré aux palestiniens.
Dans l'arène politique israélienne, une idée fait son chemin : devant l'absence de négociations, les forces militaires devraient se retirer de la Cisjordanie... et laisser les palestiniens déclarer leur indépendance s'ils le désirent. D'une façon ironique, l'Autorité Palestinienne s'oppose à un tel retrait !
Voici mon souhait : que le printemps arabe arrive jusqu'aux portes de Gaza et de Hébron. Que les palestiniens libéraux élisent un gouvernement libéral et laïc. Le jour où cela se produira, la paix sera récoltée rapidement. En attendant, rien ne changera vraiment... pour le mal des palestiniens et des israéliens.    
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lundi 24 septembre 2012

Israël, des crimes et des mensonges


Mentez, mentez : il en restera toujours quelque chose
Dans ma tentative régulière de répondre à la question : « Peut-on critiquer Israël ? » et celle de faire la différence entre d'une part les critiques non seulement autorisées mais souhaitées à l'encontre de l'État juif car constructives et d'autre part, les critiques inacceptables – car pouvant être soupçonnées d'antisémite – j'examine dans cet article une attitude habituelle chez eux qui formulent des critiques du second type : le mensonge et la calomnie.
« Israël condamné pour crimes de guerre », « Israël accusé de crimes contre l'humanité », etc. Voici ce qu'on entend régulièrement sur les tribunes où l'État d'Israël est mis en accusation. Les discours abondent contre un État accusé de tels crimes et qui semble se placer au-dessus du droit international et bafouer chaque instant les droits des palestiniens.
Pourtant, la vérité est autre : jamais l'État d'Israël n'a été accusé de tels crimes, ni de guerre et encore moins contre l'humanité. Alors pourquoi tant de mensonges ? Pour quelle raison inventer des décisions de justice qui n'ont jamais vu le jour ?
Un mensonge bien orchestré
Lorsque nous disons une contre-vérité, deux possibilités existent : 1) nous commettons une erreur ou 2) nous mentons. La première possibilité ne présente pas réellement de problème ; de fait, nous pouvons tous nous tromper... aussi longtemps que personne ne nous présente la réalité.
La deuxième possibilité est plus difficile à expliquer. Pour quelle raison devrions-nous mentir en connaissance de cause ? N'étant pas habitué du mensonge, je ne peux pas répondre pour ces personnes. Libre à chacun de leur poser la question. Pour ma part, le mensonge qui vise l'État d'Israël doit être comparé à une forme d'antisémitisme.
Revenons donc aux accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qu'aurait commis l'État d'Israël. Ni l'ONU, ni la Cour Internationale de Justice n'ont jamais été saisis par une demande d'enquête pour de telles accusation contre Israël. Si je me trompe, qu'on me le dise !
Il est exact que certaines interrogations ont été quelques fois posées par rapport au comportement de l'État juif. Le cas le plus récent – et sans doute le plus étoffé – est celui du rapport Goldstone publié en septembre 2009. Ce rapport – initié par l'ONU – devait étudier les éventuelles « violations de la loi internationale des droits de l'homme (…) qui auraient pu être commises durant l'opération militaire conduite à Gaza (par l'État d'Israël) » (page 5).
Bien sûr, cette enquête fut menée en enquêtant sur les actions israéliennes envers les palestiniens et les actions palestiniennes envers les israéliens. Justice et impartialité obligent. Le résultat fut clair ; du côté israélien, le comité estima que « from the facts available to it, the Mission is of the view that some of the actions of the Government of Israel might justify a competent court finding that crimes against humanity have been committed. » (p. 25)
Également, du côté palestinien, il fut écrit que « the Mission has determined that the rockets and, to a lesser extent, mortars, fired by thePalestinian armed groups are incapable of being directed towards specific military objectives and were fired into areas where civilian populations are based. The Mission has further determined that these attacks constitute indiscriminate attacks upon the civilian population of southern Israel and that where there is no intended military target and the rockets and mortars are launched into a civilian population, they constitute a deliberateattack against a civilian population. These acts would constitute war crimes and may amount to crimes against humanity. » (p.32)
En résumé – et en français – le comité d'enquête estima que tant du côté israélien que du côté palestinien, certaines actions avaient été menées qui pourraient être comparées à des crimes de guerre et-ou des crimes contre l'humanité. Pour cette raison, le comité recommandait à l'ONU de transmettre son rapport à la Cour Internationale de Justice qui pourrait – le cas échéant – porter les accusations contres Israël et-ou les autorités palestiniennes (p. 546).
Un rapport souvent cité
Sans aucun doute, ce rapport est la source la plus souvent citée par les groupes palestiniens – et par les militants de cette cause – afin de prouver qu'Israël a été accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Dans les textes que je publie à propos du conflit entre israéliens et palestiniens, cette accusation est souvent citée dans le but de dresser une image d'un État juif monstre et sans retenue.
Pourtant, le comité qui à rédigé le rapport Goldstone n'était pas une cour de justice et il ne pouvait donc pas prononcer d'accusations formelles. Cette subtilité n'entre pas dans la vision des groupes palestiniens – ni des militants de cette cause – qui préfèrent accuser faussement l'État juif de crime qu'aucune cour de justice n'a confirmé.
De plus, le rapport était aussi incisif à l'encontre de l'État d'Israël que des autorités palestiniennes. Ainsi, pour quelle raison les groupes palestiniens – et les militants de cette cause – mentent régulièrement en accusant Israël, tout en restant silencieux contre les autorités palestiniennes ?


Voici la situation incroyable que ces groupes inventent : accuser Israël de crimes dont cet État n'a pas été accusé et laisser sous silence les mêmes crimes que les autorités palestiniennes auraient pu commettre ! Où se trouve l'honnêteté intellectuelle de ces groupes et de ces individus ? Comment peut-on les prendre au sérieux lorsqu'ils crient leur innocence de toute forme d'animosité envers l'État juif ou d'antisémitisme ?
Les suites du rapport Goldstone
Suite aux recommandations du rapport, un comité d'experts indépendants (sous la direction du juge américain Mary McGowan Davis) fut formé par l'ONU. Ce comité examina toutes les éventuelles accusations portée à l'encontre de l'État d'Israël et des palestiniens et parvint à la conclusion qu'Israël avait mené des enquêtes adéquates dans tous les cas, tandis que le Hamas n'avait pas mené la moindre enquête (« Israel has dedicated significant resources to investigate over 400 allegations of operational misconduct in Gaza” (p. 21) while “the de facto authorities (i.e., Hamas) have not conducted any investigations into the launching of rocket and mortar attacks against Israel. » p. 23)
D'autre part, le 2 avril 2011, le juge publia un article dans le Washington Post dans lequel il revenait sur la plupart des accusations portées contre Israël (« Although the Israeli evidence that has emerged since publication of our report doesn’t negate the tragic loss of civilian life, I regret that our fact-finding mission did not have such evidence explaining the circumstances in which we said civilians in Gaza were targeted, because it probably would have influenced our findings about intentionality and war crimes. »)
Voici des extraits de cet article : « J'ai toujours précisé qu'Israël – comme les autres nations souveraines – possède le droit de se défendre, ainsi que ses citoyens (…) Un aspect de notre rapport qui n'a pas été suffisamment relevé est que pour la première fois, des actes illégaux de terrorisme de la part du Hamas ont été (...) condamnés pas l'ONU. J'espérais que notre rapport (le rapport Goldstone) (…) permettrait de voir l'apparition d'un équilibre plus évident de la part du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU dont l'histoire a révélé – au-delà du doute – un parti pris négatif envers Israël. (...) »
« Certains pensaient qu'il était absurde d'attendre du Hamas – une organisation dont l'objectif est de détruire l'État d'Israël – de mener des enquêtes à propos de ce que nous pensions pouvoir être des crimes de guerre. (…) Malheureusement, cela ne fut pas le cas Des centaines de missiles ont été envoyés (par le Hamas) sur des cibles civiles israéliennes (…) et le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU devrait condamner ces actes d'une façon énergique. »
Conclusion
On se méprend souvent sur mes intentions. Pourtant, elles sont claires : défendre la cause palestinienne sans m'approcher de l'antisémitisme ; désirer l'indépendance de la Palestine, sans mettre en danger l'État d'Israël. Je suis toujours surpris de constater que de telles intentions puissent déranger !
Mentir est honteux. Lorsque les accusations que nous portons sont mensongères, nous perdons toute crédibilité. Les palestiniens et les militants de leur cause qui déclarent qu'Israël a été accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, mentent. Ils le savent et je le déplore.
En même temps, le silence que gardent ces mêmes personnes à propos des éventuels crimes commis par les autorités palestiniennes (ceux décrits dans le rapport Goldstone) est plus que troublant. Pour quelle raison une telle différence ? D'un rapport qu'ils présentent comme accusateur envers Israël, ils s'avèrent que le juge Goldstone est revenu sur ses décisions, tout en maintenant ces accusations envers le Hamas. Renversant !
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