lundi 18 février 2013

Accord de paix : propositions


Tandis qu'Israël est entrain de se doter d'un nouveau gouvernement – et que les Palestiniens ne s'entendent toujours pas entre Hamas et Autorité palestinienne – je n'oublie pas que le plus important sera pour les parties concernées d'atteindre la paix. Cette paix, Israël la mérite depuis 1948, date à laquelle l'ONU a confirmé sa déclaration d'indépendance et que les Arabes ont combattue ; le peuple palestinien la mérite, lui qui a eu le malheur d'avoir des leaders qui ont toujours été intéressés à d'autres objectifs que la paix. 
Le président américain Barack Obama a déclaré récemment qu'il se rendrait dans la région au mois de mars. L'occasion doit être saisie pour relancer un processus de paix moribond. Pour cela, il faudra convaincre les leaders politiques israéliens que le statu quo ne peut plus durer, pour le bien du peuple palestinien avant tout, mais également pour les Israéliens eux-mêmes. D'autre part, il faudra convaincre les leaders politiques palestiniens de choisir le chemin de la paix. Pour le Hamas, ses dirigeants devront décider de mettre fin à leur volonté d'éradiquer l'État d'Israël – ce qui signifie cesser la lutte armée et reconnaître l'État hébreu – et pour l'Autorité palestinienne, il faudra que Mahmoud Abbas ait le courage de désavouer le Hamas – si celui-ci continuait sur son chemin actuel – et de retourner à la table des négociations qu'il a abandonnée depuis plusieurs années.


Je présente ci-dessous ce qui serait mes propositions au Président américain si j'étais son conseiller. En agissant de la sorte, j'utilise le privilège du citoyen du monde qui possède un accès à internet et la possibilité d'exposer ses idées sans être menacé d'aucune sorte. Ses propositions sont évidemment ouvertes aux critiques constructives ; leur caractéristique est de se vouloir réalistes et de mettre la notion de compromis au centre des pourparlers. (Pour avoir plus d'explications à propos de ma démarche, on peut lire ce texte.)

Présupposés
  • Les parties prenant part aux négociations adhèrent au concept de « deux nations, deux États » qui signifie la reconnaissance mutuelle et le droit des deux parties à vivre dans leur propre pays. Du côté palestinien, cela exclut pour l'instant le Hamas, tandis que du côté israélien, le premier ministre Benyamin Netanyahou devra s'assurer que ce concept recevra un accueil positif (c'est-à-dire majoritaire) à la Knesset.
  • Les parties s'engagent à faire ratifier par leur parlement respectif l'accord qu'elles auront signé.

Points de négociation
1. Limites territoriales de 1967
Les futures frontières entre les deux États devront suivre à peu de chose près les limites tracées après le conflit de 1967 (accord de principe de Mahmoud Abbas).

2. Statut de Jérusalem
La ville de Jérusalem doit être la capitale des deux pays. Cela signifie que ce qu'on appelle aujourd'hui « Jérusalem-est » deviendra la capitale de l'État de Palestine (accord de principe de l'ancien premier ministre israélien Ehud Olmert)1.

3. Droit de retour des réfugiés palestiniens
Les deux parties discuteront d'un accueil symbolique en Israël d'un nombre limité de familles palestiniennes2 originaires de ce qui est aujourd'hui l'État d'Israël. À l'exception de ce geste symbolique, la partie palestinienne accepte d'abandonner la revendication du droit de retour des Palestiniens3.

4. Sécurité des Israéliens au sein de l'État palestinien
Les deux États s'engagent à assurer la sécurité de tous leurs citoyens, sans égard pour leurs croyances religieuses. Conséquemment, il sera offert aux Israéliens qui vivent aujourd'hui dans ce qui sera le futur État palestinien d'obtenir la nationalité palestinienne. Leur sécurité sera – d'une façon provisoire – assurée conjointement par les forces de police palestinienne et israélienne.

5. Levée du blocus de Gaza
Dans les jours qui suivront la signature par les deux parties du traité de paix, Israël mettra fin au blocus de la bande de Gaza (c'est-à-dire du contrôle de l'espace maritime de la bande de Gaza.

Alternatives au traité de paix 
Dans l'éventualité où ce traité de paix ne pourrait pas être signé par les deux parties4, il sera mis fin aux négociations entre celles-ci. Il sera alors demandé à la communauté internationale (à travers le Conseil de sécurité de l'ONU) de reconnaître les frontières actuelles de l'État d'Israël – avec la ville de Jérusalem en sa totalité comme capitale de cet État – comme définitives. En même temps, il sera laissé aux Palestiniens le choix de choisir leur préférence : un État palestinien qui inclurait les territoires actuels de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, d'envisager une annexionde la bande de Gaza par l'Égypte, de créer une confédération entre la Cisjordanie et la Jordanie ou d'autres éventualités qui pourront voir le jour.
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Notes
1 Pour les Israéliens, cet aspect du traité sera certainement le plus difficile à faire accepter par leur parlement. Nous pensons toutefois que cela sera possible en considérant l'effort demandé aux Palestiniens en ce qui concerne le droit de retour des réfugiés (voir point suivant).
2 Un accord devrait intervenir sur l'accueil de quelques centaines de familles.
3  L'origine précise de l'existence des réfugiés est un sujet qui ne fait pas l'unanimité chez les historiens. Dans tous les cas, dans la mesure où un effort important est demandé à la partie israélienne en ce qui concerne le statut de Jérusalem, il est demandé un effort tout aussi conséquent aux Palestiniens.
4 Vraisemblablement à cause du refus israélien de séparer la ville de Jérusalem ou le refus palestinien d'abandonner la revendication du droit de retour pour les réfugiés.
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Accord de paix : explicatif


Je publie aujourd'hui un accord de paix entre Israël et les Palestiniens issu de ma réflexion. Cet accord se veut réaliste et place l'atteinte de la paix comme une obligation. Comme tous les compromis, on pourra estimer qu'il est satisfaisant... pour aucune partie. Pourtant, si l'on garde la paix comme objectif obligatoire, il n'existe pas d'autres possibilités que les compromis.


Cet accord tient compte des aspects suivants :

  • Chacune des deux parties sont déjà prêtes à s'entendre sur les frontières du futur État palestinien : celles de l'armistice de 1967.
  • Chacune des deux parties possède un élément de négociations qu'elle sait perdu d'avance, mais qu'elle conserve afin de le faire peser dans les négociations.
    Du côté palestinien, la revendication du droit au retour des réfugiés palestiniens ne pourra jamais être acceptée par l'État d'Israël. La raison de cette impossibilité est double : 1) Israël estime que si les Palestiniens avaient accepté en 1947 la décision de l'ONU de voir créer deux États – un juif et un arabe – côte-à-côte, il n'y aurait pas eu de réfugiés. 2) Dans tous les conflits, la notion de « réfugiés » a toujours été accordée aux personnes qui ont fui un lieu géographique particulier, mais pas à leurs descendants. L'exception qui a été faite pour les réfugiés palestiniens n'a jamais été acceptée par l'État d'Israël. La différence entre ces deux définitions est importante : 800 000 personnes dans le premier cas et plus de 4 millions dans le second. 3) Il semble impossible de demander à un pays d'à peine plus de 6 millions d'habitants d'accueillir plus de 4 millions d'habitants.
    Du côté israélien, l'idée de séparer la ville de Jérusalem et d'en faire une capitale pour deux pays touche le cœur de l'immense majorité des Israéliens. Pour différentes raisons (politiques, de sécurité, religieuses...) cette possibilité semble hors de vue. Pourtant, devant l'insistance des Palestiniens à faire de cette ville leur capitale, on envisage difficilement qu'un accord puisse être trouvé qui laisserait toute la ville aux mains israéliennes. Ainsi, même si les aspects sécuritaires ne devront pas être ignorés – et qu'une formule devra être trouvée afin que des éléments déstabilisateurs ne pourront pas s'introduire en Israël depuis Jérusalem, les Israéliens n'auront pas d'autres choix que de partager la ville en deux.
  • Des alternatives au traité de paix sont proposées. La raison est qu'il nous semble peu probable que le Hamas puisse donner son accord à un tel traité. L'avenir dira si ce mouvement acceptera de changer son approche, mais dans la mesure où cela ne nous semble pas être le cas, ces alternatives permettent de sortir d'une situation qui serait autrement bloquée.

Les commentaires sont certainement les bienvenus, mais il serait apprécié de garder l'aspect réaliste de la situation. Chaque partie peut rêver ce qu'elle veut, mais cela est sans aucun doute la meilleure recette pour que le conflit fasse encore les unes des médias dans un demi-siècle.
D'autre part, si l'on désire qu'une paix puisse être acceptée par les deux parties, il est nécessaire d'admettre que chacune doit faire des efforts importants.
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lundi 11 février 2013

La barbarie du Hamas


(Israël se bat contre les barbares du Hamas qui font autant de mal aux Israëliens qu'aux Palestiniens qui vivent dans la bande de Gaza. L'histoire ci-dessous en est malheureusement un des exemples parmi de nombreux autres.) 
Exécuté publiquement quelques minutes plus tôt comme un prétendu « espion pour Israël », son corps a été traîné dans la ville de Gaza par des hommes en moto qui affichaient triomphalement leurs pistolets en l'air. 


En remplaçant les motos par des chevaux, un témoin a fait remarquer qu'on pourrait presque croire à une scène du temps des Croisades.
Avec cinq autres personnes, le « collaborateur » fut tué pour avoir fourni soi-disant fourni des renseignements à Israël afin d'identifier des cibles d'attaque. Il a été abattu de deux balles, puis « achevé » avec par un coup de pierre.
Au milieu de la confusion vertigineuse au plus fort du conflit de huit jours entre Israël et le Hamas, nous avions entendu parler d'exécutions sommaires de « traîtres » qui avaient été pris « en flagrant délit » grâce à un « matériel high-tech de tournage». 
Au-delà de cela, rien d'autre était connu : pas leurs identités, ni la nature précise de tout élément de preuve contre eux.


Le journal The Mail peut révéler aujourd'hui que l'homme mort dont la photo apparaît dans cet article était âgé de 37 ans, père de cinq enfants et qu'il s'appelait Ribhi Badawi. Il était un prisonnier palestinien dans la bande de Gaza.
Sa famille, ses voisins ainsi que ses amis croient que l'idée selon laquelle il a espionné pour Israël est absurde. De fait, nous avons trouvé de nombreuses raisons de les croire. Par exemple : dans la mesure où Badawi était un prisonnier palestinien détenu dans les prisons du Hamas, il était sous surveillance armée pendant le conflit entre le Hamas et Israël et qu'il y aurait été impossible d'espionner pour Israël.
Il était détenu dans les prisons du Hamas depuis 2009 et accusé de terrorisme. Il est supposé avoir été un des combattants qui envisageait de lancer des attaques contre le Hamas.
La famille de Badawi affirme que pendant son incarcération, il a été torturé jusqu'à ce qu'il avoue être un traître.


« Ribhi était un Palestinien fier. Il aimait son pays avec une passion rare et il était encore plus opposé à l'occupation israélienne que le Hamas » nous a dit sa veuve Kholoud.
« Voir le corps de mon cher mari traîné dans les rues comme un animal est vraiment terrible. Les hommes qui ont fait cela étaient sauvages. »
Assise dans sa petite maison avec sa fille de trois ans Baraa (dont le nom signifie l'innocence), Kholoud révèle alors une autre ironie : son mari était recherché par un tribunal militaire israélien pour conspiration en vue de commettre des actes de terrorisme à la suite d'une mission de bombardement avorté.
La famille du défunt affirme que son exécution n'a rien à voir avec l'espionnage, mais provient de la rivalité politique et tribale entre Palestiniens. « Ses ennemis ont utilisé la guerre comme une excuse pour le tuer » dit sa veuve, qui affirme que l'homme qui a arrêté son mari avait une fois été impliqué dans une dispute avec lui.


Badawi avait dit à sa famille qu'il avait été torturé par le Hamas dans les mois qui avaient suivi son arrestation. Pendant de longs jours, avait-il dit, il avait été suspendu par les pieds et battu. « Ils ont également mis une mitrailleuse dans sa bouche et a menacé de tirer s'il ne signait pas un morceau de papier blanc, dit sa veuve. » 
« Il était un homme dur et il a résisté ; cependant, après 55 jours, il a succombé et signé. Il a ensuite été accusé d'espionnage et de terrorisme. Il a été condamné à mort et été en prison depuis ce jour. »
Badawi avait écrit un rapport de 20 pages qui détaillait les contradictions innombrables dans l'affaire contre lui. « J'ai été mis sous la torture psychologique et physique et contraint de signer des déclarations » avait-il dit.
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dimanche 10 février 2013

Gaza : la mort du cinéma (1)


De lourdes dalles de béton bloquent les portes du cinéma Al-Nasr dans la ville de Gaza. Pas une seule petite ouverture existe à travers lequel nous pourrions voir l'intérieur de l'édifice, qui a été abandonné depuis des décennies. Ses murs imposants font de l'ombre sur la rue ; le bâtiment est noirci, souvenir d'un vieil incendie. Dans les années 1980, ces murs abritaient l'une des plus grandes salles de cinéma du Proche-Orient, mais maintenant, les nouvelles générations de la bande de Gaza vieillissent sans jamais avoir mis les pieds dans une salle de cinéma.
Des souvenirs de jours meilleurs
Certains dans la bande de Gaza se rappellent l'âge d'or du cinéma, où les différents établissements étaient en concurrence sérieuse pour attirer les clients. D'autres, cependant, voient cette période comme une de décadence avant le soi-disant réveil islamique .
Le producteur-réalisateur Khalil Almuzain, 49 ans, nous a déclaré à Al-Monitor : « Lorsque le cinéma est arrivé à Rafah, c'était comme si des feux d'artifice explosaient dans le quartier. Il n'y avait pas de télévision ni d'électricité à ce moment-là et les gens des villes se réunissaient autour d'une radio unique afin de l'écouter. Soudain, le monde du cinéma ouvrait ses portes pour nous. Pour un garçon pauvre d'un camp de réfugiés, ceci était une chose
extraordinaire. J'avais l'habitude de récupérer le cuivre sur les véhicules abandonnés par les Britanniques qui avaient été laissés à la frontière entre Rafah et l'Égypte et de le vendre à un prix bas pour que je puisse gagner suffisamment pour acheter un billet pour le cinéma. » C'était dans les années 1970.
En souriant, il ajoute : « Le premier film que j'ai vu au cinéma était "Celui que j'aime et celui que je veux". Il m'a transporté dans un autre monde, pas seulement moi, mais tous les enfants du camp de réfugiés Shabura. L'histoire était celle de deux hommes qui aimaient la même femme. La plupart des scènes avaient été filmées dans les parcs et jardins en Égypte et c'était un spectacle incroyable pour les gens des camps de réfugiés dont les maisons étaient la plupart du temps entourées par le sable, le béton et la brique. »
Almuzain se souvient que son père était entré avec fracas dans le cinéma al-Salam à Rafah à sa recherche pendant qu'on y projetait le film de 1978 « Sonia et l'homme fou ». Dans l'obscurité, son père l'appela en criant : « Khalil ! Khalil ! » Tandis que le public élevait la voix pour le faire arrêter d'appeler son fils, Khalil se laissa glisser sous son siège afin de se cacher. On interrompu la projection du film et Khalil dut fuir par la porte arrière du cinéma en craignant le châtiment que son père lui réservait. De fait, son père finit par l'attacher à un arbre et à le frapper, menaçant de divorcer d'avec sa mère, si jamais il retournait de nouveau au cinéma.
Muhammad Aeraar, directeur des relations publiques et étrangères au ministère de la Culture à Gaza, se souvient du cinéma d'une façon différente que celle d'Almuzain. Aeraar nous a dit : « Lorsque j'étais jeune, je me tenais devant les portes du cinéma à Gaza avec mes amis, mais je ne suis jamais entré. L'occupation israélienne est toujours présente alors devant les portes du cinéma il y avait des jeux de pari et des combats au couteau ; la corruption sur l'écran faisait son entrée dans la société. »


L'histoire du cinéma dans la bande de Gaza
Aucune étude à propos de l'histoire du cinéma à Gaza existe, à l'exception de quelques anecdotes qui sont restées présentes dans les esprits de certains Palestiniens, ou de celles qui se sont transmises de bouche à oreille. D'après ce qu'il est possible de savoir, la plupart des sources s'accordent à dire que le premier cinéma dans la bande de Gaza ouvra ses portes en 1944, lorsque Rashad Shawa obtint une licence pour ouvrir le cinéma al-Samer. Il acheta un immense drap blanc dans la ville palestinienne de Majdal, de l'équipement cinématographique en Europe et commença à transporter les films – en train – depuis l'Égypte. La foule étaient nombreuse qui venait assister aux projections et tentait de rester attentive tandis les avions survolaient la région pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le célèbre acteur Farid al-Atrache et sa sœur, la chanteuse Asmahan, visitèrent ce cinéma, qui était rempli de gens désireux de les voir. En 1948, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies commença à projeter des films destinés au public réfugié à l'aide de projecteurs mobiles. Les employés de l'office transportaient ces cinémas-sur-roues dans les différents camps de réfugiés et projetaient des films sur l'hygiène personnelle et la santé. Il est dit que l'idée de cinéma mobile fut introduite à Gaza par l'Égypte, qui montrait à son armée des films égyptiens pour l'entraînement avec l'inscription « Convoi d'informations » écrite sur chaque côté des camionnettes.
En 1953, le cinéma Al-Nasr s'agrandit pour atteindre la superficie de 3 000 mètres carrés. Le nombre de salles de cinéma continua à augmenter dans la bande de Gaza, en particulier dans les années 1970 ; à cette époque, on dénombrait 10 cinémas. On peut citer notamment les cinémas : al-Nahda, al-Salam et al-Sabrin à Rafah ; al-Huriyya à Khan Younis ; al-Nasr, al-Gilaa et al-Amer dans la ville de Gaza, en plus de cinéma al-Samer qui fut fermé en 1969. La plupart des films projetés venaient d'Égypte jusqu'à l'occupation israélienne, qui débuta en 1967. Par la suite, les films venaient d'Israël. Dans les années 1970, il existait une véritable concurrence entre les différents cinémas, mais les années 1980 on assista au développement de l'opposition des mosquées contre ces cinémas.Certaines salles de cinéma furent détruites et d'autres définitivement fermées.
Almuzain, qui a réalisé un film intitulé « Gaza 36mm », nous a déclaré : « L'incitation religieuse contre ces cinémas commença très tôt avec la montée de l'islam politique et de sa lutte contre les laïques et les gauchistes. Par conséquent, les groupes politiques islamiques se concentrèrent sur le changement social dans les années 1970 et montrèrent leur force dans les années 1980 en brûlant certines salles de cinéma et en changeant d'autres en des clubs de réunion et des salles de mariage. En outre, l'avènement de la télévision à cette époque réduisit l'intérêt pour le grand public à se rendre dans les salles de cinéma. »
À suivre...
Asmaa al-Ghoul
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samedi 9 février 2013

Soutien au blocus de Gaza


(La seule raison pour laquelle nous devons soutenir le blocus de Gaza est résumée dans l'article ci-dessous. Ce blocus a été reconnu légal par l'ONU et il est vital pour la survie d'Israël)
L'armée égyptienne arrête cinq livraisons d'armes en direction de la bande de Gaza
L'armée égyptienne a intensifié ses activités dans le Sinaï, au cours des dernières semaines et déjoué cinq tentatives de contrebande d'armes vers la bande de Gaza.


De grandes quantités d'armes ont été saisis par l'armée égyptienne dans le cadre de vastes opérations militaires qui ont conduit à déjouer les cinq tentatives de contrebande d'armes dans la région côtière.

Plus tôt en janvier, les services de sécurité égyptiens a annoncé qu'elle a réussi à découvrir une installation de stockage d'armes chargés de missiles, y compris les avances antichars et missiles antiaériens, que les trafiquants d'armes destinaient à la contrebande dans la bande de Gaza via les tunnels transfrontaliers. L'installation était située à Bir el-Lahfan, au sud de Al-Arish.

En décembre de l'année dernière, la sécurité égyptienne est parvenue à situer une installation de stockage de missiles dans la même région et a confisqué 17 missiles français qui étaient prêts à être introduits en contrebande dans la bande de Gaza via les tunnels.
(Si Israël levait demain le blocus, qu'arriverait-il ? L'Égypte organise elle-même son blocus envers Gaza. Qui en parle ? Les Fréres musulmans égyptien persécutent-ils les Palestiniens ?) 
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lundi 4 février 2013

Les Palestiniens déplorent leur Printemps arabe perdu (2)


(Ceci est la deuxième partie d'un article consacré au Printemps palestinien. Pour lire la première partie, cliquez ici.)
Un Printemps ambiguë
Si les révolutions arabes peuvent être comparées à la propagation d'une contagion à travers le Moyen-Orient qui garantissent les libertés économiques et politiques, les initiatives des jeunes, tels que ceux dans lesquels Mahmoud et Aba ont pris part, sont-elles une expression parallèle du Printemps arabe, ou doit-on dire que la situation en Palestine est plus nuancée et qu'il ne s'agit pas simplement d'une révolution et d'une lutte contre l'injustice ?
Le jeune militant Ahmed Balousha, 24 ans, estime que la raison de l'échec du Printemps arabe en Cisjordanie et à Gaza était l'objectif déclaré de mettre fin à la division entre Palestiniens. Selon Ahmed : « Ce que nous voulions vraiment était de faire des bannières sur lesquelles aurait été écrit :"À bas les régimes de la Cisjordanie et de la bande de Gaza", et "Les deux gouvernements [à Gaza et en Cisjordanie] se disputent seulement afin d'atteindre leurs propres intérêts" et "Répression des libertés". Pourtant, nous nous avons décidé d'exiger sur les banderoles seulement que le système politique soit réformé plutôt que renversé ; de cette façon, personne ne pouvait nous accuser d'avoir propager des sentiments qui reflètent les objectifs de l'occupation [israélienne]. Lorsque je regarde en arrière, je pense que nous nous sommes menti à nous-mêmes en disant que nous représentions le Printemps arabe, alors qu'en réalité nous n'avons pas réussi à réaliser des actions réellement significative. »
Selon Aba, les manifestations du Printemps arabe exigeaient des changements radicaux et l'éviction de régimes corrompus, alors que les demandes des manifestations en Cisjordanie et à Gaza se penchaient vers la « réforme » plus que le « changement ». Aba remarque que les manifestants à Gaza et Cisjordanie essayaient de plaire à tout le monde et d'unir les deux gouvernements corrompus, qui avaient perdu leur légitimité, et que cela était la principale différence entre les soulèvements arabes et ceux de la Cisjordanie et de Gaza.
Défendant le Hamas contre ces affirmations, le député Yahya Moussa estime que chaque peuple dans les différents pays arabes exigeait la fin de l'autoritarisme afin que chaque peuple puisse se gouverner. Ainsi, selon le député, les révolutions étaient économiquement et socialement réformatrice, et ont modifié la façon dont la volonté nationale devait être exprimée.
Cependant, selon lui, « en Palestine, où il n'y a pas d'État, mais plutôt une occupation, nos objectifs se sont concentrés sur la libération des territoires et le droit au retour des réfugiés. Il est difficile de parler de la logique du Printemps arabe tandis que nous sommes sous l'occupation. Autant en Cisjordanie que dans la bande de Gaza, il existe une autorité impuissante avec ses mains liées. Si nous devions blâmer l'autorité que nous avons établie sous l'occupation, cela n'arrangerait en rien la situation car cela ne forcerait pas la force d'occupation à partir. Si les masses n'ont pas renversé l'autorité israélienne occupante, l'alternative est alors l'occupation directe. Cela serait comme si nous faisions le travail de l'ennemi ; par conséquences, notre Printemps est plus ambigu. »
L'écrivain politique Abu Seif croit qu'il est erroné de chercher constamment des parallèles palestiniens au Printemps arabe, principalement parce que la réalité sociale, culturelle et politique de la Palestine est très différente de celles des autres pays arabes. Il est difficile de rechercher les semences du Printemps dans l'histoire palestinienne, car cela aboutit à ignorer la vraie nature des choses. Si le Printemps arabe lui-même signifie la recherche de l'égalité, alors il ne peut pas être réduit à un seul moment historique, car la lutte des Palestiniens pour la obtenir leur liberté, leurs droits nationaux et civils est enracinée dans les terres confisquées par l'occupation.


Le Printemps palestinien a-t-il échoué ?
Dans une interview avec Al-Monitor, le juriste Mustafa Ibrahim, qui travaille comme chercheur à la Commission indépendante des droits de l'homme et suit de près le « Mouvement des jeunes du 15 mars » [mouvement des jeunes révolutionnaires], dit que le principal problème était la source d'inspiration que les révolutions arabes ont transmise aux jeunes de Gaza et de Cisjordanie. Les jeunes ont tenté de recréer ce phénomène dans leur pays. Cependant, s'ils avaient regardé l'histoire du mouvement des jeunes dans les pays arabes ces dernières années, ils auraient constaté que ces jeunes sont descendus dans les rues avant l'apparition des révolutions arabes.
Par exemple, pendant le mois de janvier 2010, il y eut le mouvement « Réveil » chez les jeunes gens de Gaza, qui marchaient dans les rues en portant une grande boîte symbolisant une urne ; ces jeunes revendiquaient le droit de voter et de choisir leur gouvernement et leur président. « Réveil » faisait partie du « Mouvement des jeunes du 15 mars », qui avait très bien réussi à influencer la rue à la fois en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ce mouvement avait mis dans l'embarras les deux gouvernements dans la mesure où, après la signature de l'accord de réconciliation le 5 novembre 2011 entre le Hamas et le Fatah, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, et le président Mahmoud Abbas avaient déclaré que ce mouvement de jeunesse fut l'un des facteurs qui les avaient poussé vers la réconciliation.
Mustafa croit que l'escalade progressive du mouvement de jeunesse fut une initiative novatrice, mais il a fini rapidement en raison des intenses mesures répressives, qui comprenaient coups, arrestations et inculpations, à la fois dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. En outre, certains groupes de essayèrent d'introduire leurs membres au sein des mouvements de jeunesse indépendantes de manière à favoriser leurs propres intérêts personnels ; de plus, certains jeunes avaient des ambitions personnelles qui ne favorisaient pas toujours le mouvement des jeunes.
Dans une interview avec Al-Monitor, Ihab al-Ghussein, le chef du bureau du gouvernement des médias dans le gouvernement dirigé par le Hamas de Gaza, et qui, au moment de l'entrevue était le porte-parole du ministère de l'Intérieur, a déclaré qu'« il est difficile de savoir si le mouvement était descendu dans les rues pour le simple plaisir de descendre dans la rue, ou s'il avait vraiment l'intention de mettre fin à la division. Si leur objectif était de vraiment mettre fin à la division, alors le fait que le Premier ministre à Gaza a invité le 25 mars 2011 le président Mahmoud Abbas à se rendre à Gaza pour la première fois doit être considéré comme un grand pas en avant dans les yeux des mouvements de jeunesse. Si c'est le cas, pourquoi continuer avec la rhétorique qui rejette toutes les parties ?»
Selon Ghussein, certains groupes ont interféré de manière à atteindre des objectifs politiques précis et n'ont jamais vraiment cherché à terme à mettre fin à la division comme ils le prétendent dans leurs chants. Ghussein admet cependant que la répression par le gouvernement de ces jeunes a été une erreur, soulignant qu'il avait déjà rejeté les justifications du gouvernement à cette époque et que selon lui, le gouvernement devrait reconnaître cette erreur, même si la suppression ne fut pas le résultat d'une décision politique.
Aba estime que le principal problème du « Mouvement des jeunes du 15 mars » était qu'il était confinée à la Cisjordanie et à Gaza, comme si le peuple palestinien était limité à ces deux territoires, soulignant que la majorité des Palestiniens (en Israël et dans la diaspora) a ignoré le mouvement. En outre, certaines factions étaient en mesure de dicter à la direction du mouvement la marche à suivre et ont agit en conformité avec leurs propres agendas. Aba ajoute avec amertume : « Les factions ont réussi à détourner l'élan de notre résistance en raison du manque d'expérience politique des jeunes de ma génération et de notre crainte à l'éclatement en factions comme le reste des Palestiniens. »
À la fin de notre entretien, Mahmoud a reçu un appel qui l'a informé qu'il avait obtenu un visa pour la Pologne. Rayonnant, il nous dit : « Finalement, je vais demander l'asile. » Mais la confusion bientôt balaya son visage et il nous demanda : « Mais la Pologne est-elle considérée comme un pays européen ? Est-il possible d'aller en Belgique si je ne l'aime pas ! »
Asmaa al-Ghoul est journaliste et écrivain ; elle réside dans le camp de réfugiés de Rafah, basé à Gaza.
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vendredi 1 février 2013

Analyse mensuelle : janvier 2013


Durant le mois de janvier, l'évènement majeur en Israël fut les élections législatives (pour connaître les résultats, cliquez ici.) Après les élections, les chefs de chaque parti politique se rencontrent afin d'aborder deux sujets principaux dans leurs discussions : 1) quel chef de parti soutiennent-ils pour être nommé premier ministre ? et, 2) est-il possible d'envisager de former une coalition afin de former le gouvernement ? (cela est possible si le nombre de sièges détenus pas ces partis représente la majorité du Parlement). Ce processus demande le plus souvent entre huit et dix jours ; passé ce délai, le Président de l'État – Shimon Peres – rencontre les responsables des partis politiques afin d'entendre leur avis.
En ce début de semaine, Shimon Peres a rencontré tous les responsables et – selon les informations que nous avons – devrait demander à Benyamin Nétanyahou d'essayer de former le prochain gouvernement. En effet, en addition de son propre parti (le « Likoud », avec celui du « Israël Beiténou » avec lequel il avait formé une liste commune avant les élections), l'actuel premier ministre israélien a reçu l'appui de quatre autres partis politiques : « Yesh Atid » (Il y a un futur) de Yaïr Lapid, « Maison juive » (parti religieux sioniste), ainsi que les deux autres partis religieux, mais non-sionistes (séfarade et achkénaze). Le nombre additionné des sièges que détiennent ces partis est de 86, tandis que la Knesset possède 120 sièges dans sa totalité.
Une fois nommé (ce qui devait arriver sans doute cette semaine) pour former le prochain gouvernement, Benyamin Netanyahou disposera d'un délai de quatre semaines avant de présenter sa majorité au président de l'État. S'il n'y parvenait pas (ce qui semble peu probable), Shimon Peres nommerait alors une autre personne avec la même tâche (ce choix se porterait sans doute sur Yaïr Lapid).


Du côté palestinien, le Hamas (qui dirige Gaza) et le Fatah (qui dirige la Cisjordanie) essaient une nouvelle fois de mettre fin à leur mésentente (lors de rencontres récentes en Égypte et en Jordanie). Depuis le coup d'État en 2007 du Hamas à Gaza – qui a expulsé les forces du Fatah de Mahmoud Abbas – les deux organisations ne sont jamais parvenues à se réconcilier. Pourtant, la situation est critique sur plusieurs points.
Après les élections israéliennes – et avec la formation prochaine d'un nouveau gouvernement israélien – les Palestiniens devront certainement reprendre les négociations de paix. Quelle serait la valeur de la représentativité du peuple palestinien par Mahmoud Abbas si celui-ci menait les négociations sans l'appui du Hamas ? De quelle façon pourrait-il assurer que son avis et sa parole seraient écoutés à Gaza ? Partant, quelle serait la réelle valeur de ces négociations ?
De plus, depuis plusieurs années, les leaders politiques palestiniens ont perdu toute forme de légitimité. En effet, les plus récentes élections présidentielles ont eu lieu au mois de janvier 2005, tandis que les dernières élections législatives datent du mois de janvier 2006. Dans les deux cas, les mandats électifs sont arrivés à expiration, sans que de nouvelles élections soient organisées. De fait, la mésentente entre le Hamas et le Fatah empêche la tenue de telles élections.
Pour le mois qui commence, notre intérêt portera sur : 1) la formation du gouvernement israélien (avec quels partis politiques, objectifs...?) et 2) l'éventuel accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, ce qui ouvrirait la voie à de nouvelles élections palestiniennes (cependant, notre espoir d'assister à une telle réconciliation est mince. Sur ce sujet, lire l'article du journaliste palestinien Daoud Kuttab)        
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mercredi 30 janvier 2013

Les Palestiniens déplorent leur Printemps arabe perdu (1)


« Est-il plus facile d'obtenir un visa pour la Belgique ou pour la Suède? Comment puis-je demander l'asile? Dois-je déchirer mon passeport ou le cacher? Est-ce que l'examen l'iris se déroulera dans le premier pays dans lequel j'arrive ou le pays dans lequel je vais demander l'asile ? » Ces questions, parmi d'autres, sont celles qui occupent l'esprit de Mahmoud Yahya, 23 ans, ces jours-ci.
Il y a seulement un an, Mahmoud était optimiste pour le changement, et il y a deux ans en 2011, Mahmoud était descendu dans les rues pour effectuer ce changement. Il dit qu'à cette époque, il se sentait comme un géant, capable de tout.
Mahmoud a déclaré à Al-Monitor : « Avec chaque année qui passe, mon désespoir augmente. Lorsque je me rappelle ce que j'étais il y a un an, je me souviens que de mon espoir que notre réalité remplie de haine politique et sociale pourrait changer. Mais quand je regarde comment j'étais au début de 2011, je ne peux pas croire à quel point j'étais convaincu que j'étais Superman ; la situation est la même pour la façon dont j'avais vu tous les autres jeunes gens. Les révolutions arabes nous avait vraiment changés. »
Mahmoud ajoute : « Pour la première fois, nous nous sommes sentions comme si nous avions un interlocuteur à qui nous pouvions parler. Nous sommes sortis dans la rue – le 5 décembre 2010 – et nous avons défié la Sécurité Centrale du gouvernement déchu, sans cligner de l'œil. Nous avons brisé notre peur collective et sommes descendus dans les rues pour protester contre la fermeture du Forum de la Jeunesse Sharek. Nous sommes descendus dans les rues à nouveau en 2011 – lors des révolutions égyptiennes et syriennes – et avons été emprisonnés et battus [par le Hamas], ce qui est également arrivé à nos homologues en Cisjordanie [qui ont été battus par l'Autorité palestinienne]. Enfin, nous avons eu notre propre révolution le 15 mars 2011. Notre chant était : « Les gens veulent mettre fin à la division ! » Ils nous ont battus, nous ont calomniés, brisé nos membres, dénoncé notre réputation et nous ont fait du chantage, qui a abouti à l'assassinat de notre camarade italien Vittorio par des assaillants inconnus. À partir de ce moment-là, la tristesse et la frustration nous ont fait taire à jamais. »


Mahmoud regarde le plafond, les yeux larmoyants : « Nous croyons en notre force, mais nous étions romantiques. Lorsque j'ai vu tous les militants du 15 mars émigrer et quitter la bande de Gaza, j'ai su que nous n'avions pas réussi à faire éclore notre Printemps palestinien ; alors j'ai décidé de voyager et de quitter également Gaza. »
La résistance quotidienne, ceci est notre printemps
Malgré les nombreuses frustrations inhérentes aux résultats des Révolutions arabes, pas tout le monde partage le désespoir de Mahmoud quant à la réalité dans la bande de Gaza et la Cisjordanie. Par exemple, Aba Rizak, 22 ans, dit qu'elle voit le Printemps arabe continuer tous les jours en Palestine. Sa dernière manifestation a été dans les tentes érigées par des jeunes militants dans le village de Bab al-Shams, dans les territoires occupés par Israël au nord de la Palestine. Selon Aba : « Nous descendons dans la rue et continuerons à le faire, que ce soit contre l'occupation [israélienne] ou les gouvernements en Cisjordanie et à Gaza. »
Aba estime que l'oppression nourrit la poursuite du Printemps arabe, parce qu'à la base, le Printemps arabe est basée sur le sacrifice de soi. Elle se souvient de son expérience horrible lorsqu'elle fut détenue au poste de police pour femmes dans la bande de Gaza. Elle se souvient de l'extorsion et du chantage auquel elle et ses amies ont été soumises, ainsi que des tentatives violentes pour les contraindre à signer un engagement en conformité avec la Sharia leur interdisant de participer à des manifestations non autorisées et d'autres activités.
Le politologue Atef Abu Saif est d'accord avec Aba ; selon lui, « Il est certainement prétentieux – mais pourtant vrai – que nous en tant que Palestiniens avons contribué à faire progresser les Arabes en ce qui concerne les libertés, les relations entre gouvernants et gouvernés, ainsi que notre engagement quotidien pour la cause de libération nationale. Notre version du Printemps arabe est la notion très importante de la résistance continue contre la puissance occupante. Ainsi, les Palestiniens ont pris l'habitude de ne pas se taire quand un gouvernement ou une autorité leur confisque et leur supprime leurs libertés. »
Dans une interview à la Bibliothèque du Conseil législatif, Yahya Moussa – un représentant du Hamas au Conseil législatif – nous a déclaré : « Il y a eu une Intifada en 1987 et de nouveau en 2000 ; elle s'exprime maintenant de diverses façons comme résistance et pour la lutte pour nos droits. Si le Printemps arabe est la lutte pour les droits, notre Printemps arabe progresse et continue, et s'exprime de façon permanente. »
Asmaa al-Ghoul est journaliste et écrivain ; elle réside dans le camp de réfugiés de Rafah, basé à Gaza.
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mercredi 23 janvier 2013

Élections compliquées en Israël


Le résultat des élections législatives qui se sont déroulées hier en Israël a créé un véritable casse-tête pour le premier ministre sortant – et vainqueur – Benyamin Nétanyahou. Le système proportionnel intégral israélien – selon lequel le pourcentage de votes recueilli par chaque parti politique représente à peu de choses près la proportion de ses sièges à la Knesset (le parlement) – a toujours abouti à des gouvernements de coalitions. Les élections d'hier n'ont pas fait exception à la règle.
Le parti de Benyamin Nétanyahou – le Likoud – s'était allié avec celui de l'ancien ministre Avigdor Lieberman – Israël Beiténou – avec un objectif clair : créer une dynamique qui leur permettrait d'augmenter le nombre de leurs voix. Pourtant, c'est l'inverse qui s'est produit : si dans l'ancienne législature les deux partis possédaient à eux deux 42 sièges (27 et 15), ils en auront seulement 31 selon les premières estimations. À titre personnel, il s'agit d'un échec pour monsieur Nétanyahou, même si ce résultat devrait lui permettre de conserver son poste de premier ministre.
La seconde surprise de la soiré fut l'émergence d'un nouveau parti centriste (Yesh Atid – Il y a un futur) de l'ancien journaliste Yaïr Lapid. Créé quelques mois avant les élections, ce parti ne comporte aucun homme ou femme qui avait déjà été élu(e) à la Knesset.
En tant que dirigeant du parti politique qui a remporté le plus grand nombre de votes, il revient maintenant à monsieur Nétanyahou à tenter de former un gouvernement de coalition qui sera assuré d'avoir une majorité de sièges au parlement (la Knesset possède 120 sièges).
Une alliance de droite ?
Considérés sous l'angle gauche-droite, les résultats de cette élection (en nombre de sièges) sont les suivants :

On le constate : les partis de droite (avec l'inclusion des deux partis religieux non sionistes) possèdent 60 sièges, ceux qui leur donne la majorité. Cependant, former un gouvernement de coalition en début de législature qui possède une majorité aussi faible semble difficile à envisager. D'une part, il n'est pas certain que les trois partis politiques (Maison juive-sioniste, et les deux partis séfarade-ashkénaze non sionistes) s'entendent à faire partie de la même coalition ; d'autre part, il sera presque impossible à Mr. Nétanyahou de conserver cette faible majorité pendant les quatre prochaines années de la nouvelle législature.
L'avantage de cette coalition et qu'elle semble naturelle pour le parti du Likoud qui a toujours été proche des partis religieux (sionistes ou non). L'inconvénient est que l'image internationale d'un tel gouvernement serait inquiétante pour les États-Unis, l'Union Européenne et évidemment pour les Palestiniens. Les négociations pour la paix qui devraient débuter rapidement ne se feraient pas sous les meilleurs auspices.
Une alliance avec le centre ?
Si le Likoud désirait former une alliance avec les partis du centre et du centre gauche, cela donnerait la configuration suivante :

Dans ce cas, le gouvernement possèderait une forte majorité à la Knesset (73 sièges) et laisserait la totalité des partis religieux (sionistes ou non) dans l'opposition. Même si l'alliance entre le Likoud et les partis de gauche ne semble pas naturelle, en considérant la situation dans laquelle il se trouve, monsieur Nétanyahou pourrait penser qu'il n'a pas d'autres choix.
L'avantage de cette coalition serait de donner une image plus favorable du gouvernement israélien au niveau international et les Palestiniens se verraient plus facilement dans l'obligation d'entrer dans les négociations. L'inconvénient serait le grand-écart idéologique pour le Likoud que nécessiterait cette situation. De plus, certains membres du parti politique de monsieur Nétanyahou risqueraient de se rebeller, quitte à aller rejoindre assez rapidement des partis politques plus à droite (comme celui de la Maison juive).
Conclusion
La désignation par le Président de l'État Shimon Peres afin de demander à Benyamin Nétanyhou de former le prochain gouvernement n'est pas une obligation, mais compte tenu de la première position du Likoud dans les votes, elle est probable. Celle désignation devrait intervenir dans les prochains jours et le délai pour former un nouveau gouvernement sera de quatre semaines. En cas d'échec, Shimon Peres demanderait probablement au responsable du deuxième parti - Yaïr Lapid - d'essayer à son tour.
Avant cette désignation, la gauche pourrait essayer une tentative risquée : celle de s'unir avec l'extrême-gauche et les partis arabes. Réunis, ces partis possèdent 60 sièges (voir graphique 1), ce qui est la majorité. Ils pourraient ainsi tenter de convaincre le président Peres de ne pas nommer immédiatement monsieur Nétanyahou, mais un de leurs représentants afin de former un gouvernement. Cependant, les inconvénients de cette situation sont les mêmes que nous avons indiqués précédemment (gouverner avec seulement 60 sièges n'est pas une garantie de réussite) ; de plus, les partis arabes sont des partenaires moins fiables que les autres partis politiques car ils risqueraient de ne pas apporter un soutien constant au gouvernement.
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