dimanche 9 septembre 2012

Et si on parlait du conflit arabo-palestinien ?

Lorsque Henry Kissinger, ancien diplomate et secrétaire d’Etat américain, rencontra Yasser Arafat, en 1994, à l’occasion de la remise du prix Nobel de la paix, il lui demanda pour quelles raisons les Israéliens pouvaient avoir confiance en lui. L’ancien chef de l’OLP formula la réponse suivante : « Parce que les Saoudiens nous ont isolés, les Jordaniens cherchent à nous affaiblir et les Syriens, à nous dominer. »1 Cette réponse pour le moins révélatrice de la « fraternité arabe », expression consacrée par bon nombre de résolutions des Nations Unies, nous offre l’occasion de revenir sur un conflit peu médiatisé existant pourtant depuis plus de 60 au Moyen-Orient : le « conflit arabo-palestinien ».2

Un conflit tabou

En juillet 2010, dans un article intitulé « Les Palestiniens dans le monde arabe : Pourquoi le silence ? », le journaliste Khaled Abou Toameh s’interrogeait sur l’absence de médiatisation qui entoure le sort des réfigiés palestiniens des pays arabes. Qui se souvient en effet avoir pris connaissance des plaintes palestiniennes formulées à l’encontre des Gouvernements proche-orientaux pour privation de droits élémentaires (accès aux soins médicaux, à la sécurité sociale ou à certaines professions : avocat, médecin, journaliste, pharmacien…) ? Qui se souvient encore de la dernière résolution adoptée par un organe des Nations Unies pour condamner les mauvais traitements infligés par ces Gouvernements aux réfugiés?

Bien sûr, en raison de leur médiatisation, il est plus aisé de se souvenir des résolutions onusiennes condamnant Israël. Qu’entendrions-nous si l’Etat hébreu appliquait à ses citoyens arabes la même politique que ses voisins aux réfugiés palestiniens ? Si l’on peut reprocher à Israël d’être, à certains égards, un pays à deux vitesses, il reste à l’heure actuelle le seul de la région à promouvoir, ainsi que le prévoit la Déclaration d’Indépendance de 1948, « une complète égalité de droits sociaux et politiques (…), sans distinction de croyance, de race ou de sexe. » C’est pourquoi, il compte de nombreux citoyens arabes aux fonctions étatiques les plus hautes : à la Knesset, par exemple, plusieurs députés arabes ont été élus dont Taleb El-Sana, Ahmad Tibi ou Muhammad Barakeh ; à la Cour suprême d’Israël, le juge Salim Joubran siégea lorsque la haute juridiction condamna, en novembre 2011, l’ancien président d’Israël, Moshé Katzav, à sept ans d’emprisonnement pour harcèlement sexuel et viols. En dépit du régime démocratique qui fait d’Israël une exception au cœur d’une région ravagée par les dictatures militaires et religieuses, cet Etat est régulièrement comparé à une nation d’apartheid.

A titre de comparaison, à l’heure actuelle au Liban, plus de 400 000 réfugiés palestiniens restent apatrides, géographiquement et socialement cantonnés à des emplois déterminés ; en Syrie, ils sont méprisés et manipulés par des dirigeants dont la politique fut toujours celle de la division permanente de la scène politique palestinienne. En Jordanie, ils sont également méprisés en raison de l’épisode Septembre noir orchestré par Yasser Arafat en 1970 contre la monarchie hachémite et ils furent déchus de la citoyenneté jordanienne lors du desengagement de la Cisjordanie en 1987. En Egypte, les Palestiniens subissent le dédain des autorités, qui contrôlaient Gaza d’une main de fer jusqu’en 1967 avant de l’abandonner définitivement en 1978 à Israël, marquant ainsi sa « trahison » de la cause palestinienne.

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( Nahr al-Bared, camp de réfugiés palestiniens au Liban.)

Les racines du mal

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion se fonda sur la résolution 181, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en novembre 1947, pour proclamer l’Indépendance de l’Etat d’Israël. Côté palestinien, aucun Etat ne fut proclamé : la guerre fut déclenchée, le 15 mai 1948, par les armées régulières égyptienne, syrienne, libanaise, transjordanienne et irakienne. Comme en 1936-1937 lors de la Commission Peel, leurs dirigeants rejetaient l’idée d’un partage territorial avec les sionistes car ils considéraient l’Etat juif, d’une part, comme un obstacle à la réalisation du Dar-el-Islam et, d’autre part, comme une intrusion de l’Occident dans leur zone territoriale. L’Etat nouveau-né avait en effet mis en place un régime calqué sur le modèle des démocraties libérales, qui différait grandement de ceux prônés par les régimes arabes. Leur motivation profonde semblait alors consister à empêcher la fondation et l’existence de l’Etat d’Israël, Etat non musulman au sein d’une région islamisée.

C’est pourquoi au cours de l’année 1948-1949, la Transjordanie et l’Egypte s’opposèrent à l’intégration des 700 000 réfugiés palestiniens, volontairement exilés ou contraints à l’exil, puisqu’ils étaient alors convaincus que l’Etat d’Israël ne survivrait pas aux offensives militaires et qu’ils pourraient retourner dans une Palestine libérée du joug sioniste. Ce refus d’intégrer ces nombreux Arabes de Palestine allait ainsi servir d’alibi aux gouvernements arabes pour justifier leur politique contre l’Etat hébreu tout en détournant l’attention de leurs propres peuples des véritables problèmes de politique interne. N’avaient-ils d’ailleurs pas contribué à l’exode des Palestiniens en les priant de quitter leurs terres avant leur offensive contre Israël au cours de la guerre comme l’écrivait l’historien Paul Giniewski en 1955 : « Le Gouvernement britannique, qui a observé une attitude expectante parfois non dénuée de sympathie à la cause arabe, a solennellement attesté que les Juifs ont fait tous les efforts pour persuader les Arabes de Palestine de demeurer sur place. Nulle mesure légale, nulle pression n’a obligé les Arabes à quitter le territoire contrôlé par Israël. (…) Les Arabes de Palestine ont cédé à un mouvement de panique (…) ils ont été encouragés à s’expatrier en attendant la défaite de l’Etat juif nouveau-né. »3

Perdue par cinq nations arabes, cette première guerre israélo-arabe permit à Israël, avec l’aide des Nations Unies, lors de la signature des Accords d’armistice conclus du 23 février au 20 juillet 1949, d’agrandir le territoire qui lui avait été alloué, en annexant la zone occidentale de Jérusalem, le Néguev et la Galilée. Le Gouvernement israélien accepta également de rapatrier 50 000 réfugiés après l’adoption de la résolution 194 par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948 et reprit à sa charge 28 000 réfugiés secourus par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA)4. La Judée-Samarie ou Cisjordanie fut annexée à la Transjordanie devenue Jordanie, qui ne lui permit jamais d’espérer accéder à l’indépendance puisque l’émir Abdallah envisageait la création d’un royaume hachémite palestinien5. La bande de Gaza, pour sa part, fut placée sous tutelle égyptienne après que l’Egypte se fut opposée à la mise en place d’un « Gouvernement palestinien » que le mufti de Jérusalem, Hadj Amin El-Husseini, avait pourtant créé à Gaza le 1er octobre 1948.

Guidés par leurs visées égoïstes, les leaders arabes avaient abondamment contribué à faire naître l’épineuse question palestinienne en instrumentalisant ces nouveaux réfugiés pour refuser l’existence même d’Israël. Dans ce contexte, le député jordanien Abdallah Nawas pouvait ainsi déclarer le 6 juin 1952 : « Nous devons continuer à prolonger le problème des réfugiés comme une question vitale… La guerre en Palestine ne continue que grâce aux réfugiés. Leur existence laisse la question ouverte. »6. Cependant, au fil des victoires militaires israéliennes, la cause palestinienne fut discréditée et connut jusqu’à maintenant une instrumentalisation intensifiée de la part des dirigeants arabes.

Pourtant, s’indigne Khaled Abou Toameh, l’attention des nombreux journalistes occidentaux ne s’attarde pas sur le sort des Palestiniens, qui ne bénéficient d’aucuns droits civils et civiques dans les pays du Moyen-Orient contrairement aux citoyens arabes en Israël, mais par la constuction illégale de logements à Jérusalem. Question de point de vue !

  1. Henry Kissinger, La Nouvelle Puissance Américaine, Paris, Editions Fayard, 2003, p.249. ↩
  2. Nous n’aborderons pas ici les conditions de vie difficiles des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. Des manifestations contre le Hamas et l’Autorité palestinienne viennent pourtant de s’y dérouler pour critiquer les lois antisociales adoptées par le Hamas, la hausse des prix et la corruption qui gangrène l’Autorité palestinienne. ↩
  3. Ovadia Soffer, « Le conflit arabo-israélien : la réalité et les mythes », Politique étrangère, vol. 49, n°4, 1984, à la p.954. ↩
  4. Jacques Soustelle, La longue marche d’Israël, Paris, Editions J’ai lu, 1968, p.351. ↩
  5. Ovadia Soffer, « Le conflit arabo-israélien : la réalité et les mythes », Politique étrangère, vol. 49, n°4, 1984, à la p.954. ↩
  6. Soustelle, supra note 4. ↩

Esther Benfredj
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vendredi 7 septembre 2012

Ma lettre à Bernard Kouchner

Le texte qui suit a été rédigé par Anne-Marie Antonietti.

Monsieur KOUCHNER

Le 16 novembre 2010

Monsieur,

C’est avec un plaisir évident que vous avez remis la Légion d’Honneur à votre "collègue et ami de 25 ans" Mustafa Barghouti, l'un des promoteurs de la campagne pour le "Boycott, Désinvestissement et Sanctions d'Israël".

Je trouve étonnant qu'un Ministre récompense, de la plus haute distinction française, le promoteur d'une campagne de boycott, que la loi française déclare ILLEGALE. Car tout appel au boycott est considéré comme une discrimination, et donc interdit. Certains des activistes de BDS ont déjà été condamnés par les tribunaux, et d'autres sont en voie d'être jugés.

On notera que le Maire de Seclin fut condamné, non seulement par la Cour de Cassation française, mais aussi par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, le 16 juillet 2009, "pour incitation à une politique discriminatoire et condamnable".

En 2009, vous aviez déjà décerné le Prix des Droits de l'Homme René Cassin au PNGO, groupant 132 organisations palestiniennes, qui prône, lui aussi, ce boycott. Vous récompensez, par les plus hautes distinctions de l'Etat, ceux qui appellent à violer les lois de la République, et sont passibles de condamnations françaises et européennes.
Serait-il absurde de penser que vous approuvez, et encouragez, vous aussi, par ces récompenses, une action qui fut jugée illégale, "discriminatoire et condamnable" ?

Barghouti.jpg

Quant à l'action de votre ami, je trouve surprenant qu'un médecin prône le boycott des universités israéliennes, dont les chercheurs (notamment au Technion) mettent au point des produits et des techniques qui permettront de sauver de très nombreuses vies humaines !

Par ailleurs, pour ce qui est d'Israël "Etat d'apartheid", on notera que, depuis le début de cette année, Israël a fait entrer sur son sol 180.000 Palestiniens, pour les soigner dans ses hôpitaux, car ils ne pouvaient être soignés ni à Gaza, ni par votre ami dans les "territoires".
On notera en passant qu'Omar Barghouti, co-fondateur de BDS, qui incite au boycott des universités israéliennes… s'inscrivit à l'Université de Tel-Aviv en 2009, et y prépara une thèse de doctorat ! Une pétition fut organisée par des étudiants, en vue de son exclusion, mais l'Université de Tel-Aviv décida de ne pas l'exclure ! Si c'est cela l'apartheid en Israël, qui ne voudrait en bénéficier ?!...

Vous dites que M. Barghouti a "mis son courage et son énergie au service de la population palestinienne, notamment des plus vulnérables". Mais ce boycott forcé, et l'interdiction de travailler chez des "colons", réduisent 30.000 Palestiniens au chômage ; notamment, 6.000 femmes qui (réponse du ministre des Affaires Sociales palestinien) "devront demander une aide sociale car, pour la plupart d’entre elles, leur famille vit sous le seuil de la pauvreté...". Heureusement, il y a les énormes subventions européennes, et notamment françaises, qui servent ainsi, indirectement, à soutenir le boycott. N'était-il pas davantage conforme à l'éthique, à la dignité humaine et aux droits de l'homme, de permettre à tous ces gens de nourrir leur famille ?...

Et je ne parle pas de tous ceux qui seront mis en prison, ou contraints à payer de lourdes amendes, simplement parce qu'ils auront en leur possession un produit dont un composant aura été fabriqué dans une "implantation"…

Finalement, ces mesures "punitives" de boycott, prônées par votre ami, ne sont-elles pas surtout punitives pour les Palestiniens, et même pour les plus pauvres d'entre eux?
Pour ce qui est des subventions versées par nos pays, deux chercheurs de "Tax Payers Alliance" (association de contribuables anglais, qui surveille l'utilisation de l'argent des impôts), ont écrit dans un article du Washington Times : "notre argent soutient dans les Territoires un endoctrinement qui sème les germes de futurs conflits pendant des décennies à venir. Il est de notre responsabilité de prendre cela extrêmement sérieusement". Espérons que leur appel sera entendu par nos pays !

Et pourquoi ne dit-on pas qu'il y a aujourd'hui une envolée de l’économie palestinienne ? Elle est due, en grande partie, au travail de l'organisme israélien COGAT, qui assure une coopération entre Israël, les Palestiniens, et les organisations internationales. Le volume des échanges quotidiens est énorme, et Israël y consacre des sommes très importantes. N'est-ce pas plus constructif que tous les boycotts, qui font seulement grandir la haine, et sont, eux, porteurs d'apartheid !

On notera avec intérêt que Bob Berstein, fondateur de Human Rights Watch, qui multiplia ses attaques contre Israël, a récemment accusé de "défaillance morale" les organisations de défense des droits de l'homme, dans leur traitement à l'égard de l'Etat d'Israël, et s'est déclaré convaincu des détériorations irrémédiables causées par ces attaques répétées.

Par ailleurs, en octobre dernier, son organisation dénonçait l'emploi de la torture, par les services de sécurité palestiniens : plus de cent accusations de torture, et les rapports s'accumulent en ce sens. En cas de litige, les Arabes d'Israël ont droit de recours devant la Cour Suprême d'Israël. Mais, que pense faire votre valeureux ami docteur, pour la protection des populations, dans les territoires administrés par l'Autorité palestinienne ?
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

Anne-Marie Antonietti
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jeudi 6 septembre 2012

Proche-Orient : une carte à méditer

Il existe des cartes qu'il est important de connaître pour se faire une idée exacte d'une situation particulière. La carte ci-dessous fait partie de celles-ci (on peut l'agrandir en cliquant dessus).


Lorsque nous connaissons les faits - les réels, pas ceux qu'on aimerait forcément - on peut apprécier à sa juste valeur le présent.
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mercredi 5 septembre 2012

Pour les palestiniens, dénaturons le français ! (1)

Ceci est le deuxième article dans lequel je tente de répondre à la question : « Peut-on critiquer Israël sans être accusé d'antisémitisme? »

Dans le premier article, j'avais conclu qu'être antisioniste s'apparente à l'antisémitisme car le sionisme est (selon le Larousse) un : « mouvement dont l'objet fut la constitution, en Palestine, d'un État juif. » Partant, être antisioniste équivaut à lutter contre la constitution de cet État juif, c'est-à-dire pour sa disparition. À mon sens, ceci est inacceptable. Pour appuyer cette thèse, j'avais d'ailleurs cité Martin Luther King, selon lequel « l'antisioniste signifie de manière inhérente antisémite et il en sera toujours ainsi. »

Dans cet article, j'expose un des points communs des défendeurs de la cause palestinienne qui dépassent – selon moi – les limites de l'acceptable : la déformation du sens intrinsèque des mots afin d'en modifier leur sens et de pouvoir les utiliser comme bon leur semble contre Israël. À titre d'exemple, je cite l'utilisation de trois expressions : « apartheid », « nazi » et « camp de concentration. » En utilisant régulièrement ces trois expressions à l'encontre d'Israël, l'objectif est le même : vider de leur sens réel ces expressions afin de pouvoir accuser l'État juif des pires crimes. Dans la première partie de cet article, j'explique les raisons pour lesquelles il est mensonger de parler d'apartheid lorsqu'on fait référence à Israël.

Mohammed Barakeh
(membre de la Knesset et président du parti Hadash.)

La politique israélienne : un apartheid ?

Qu'est-ce l'apartheid ? Selon le dictionnaire, il s'agit de la « ségrégation systématique des populations de couleur, en Afrique du Sud. » Ainsi, il semble normal de rendre la situation qui existait dans ce pays – au temps de l'apartheid – si on désire appliquer ce concept à Israël. Quels étaient les point essentiels de l'apartheid ?
  1. Absence du droit de vote (General Pass Regulations Bill en 1905).
  2. Structures gouvernementales séparées ; tandis qu'une entité gouvernementale composée de personnes de couleur noire fut instituée, les sièges des députés (blancs) qui représentaient encore les intérêts de personnes noires au Parlement furent abolis (Bantu Authorities Act de 1951).
  3. Séparation des blancs et des noirs sur les plages, les autobus, les hôpitaux, les écoles, les universités... (Reservation of Separate Amenities Act de 1953).
  4. Interdiction de mariage entre blancs et noirs (Prohibition of Mixed Marriage Act en 1959).
  5. Suppression des droits civiques : les noirs n'étaient plus des citoyens d'Afrique du Sud (Black Homeland Citizenship Act de 1970).
Quelle est la situation en Israël ? Existe-t-il des lois qui peuvent être comparées aux lois sud-africaines ? Voici la réponse :
  1. En Israël, chaque citoyen vote, sans qu'on tienne compte de sa religion ou de ses origines ethniques. La situation est exactement la même qu'en France. De fait, 20% des électeurs en Israël sont arabes et ils peuvent voter pour qui ils veulent et bien sûr pour les partis politiques arabes qui sont censés les représenter.
  2. Dès la formation du Parlement israélien, les arabes ont possédé leurs représentants. De plus, les arabes sont représentés à tous les échelons de l'administration publique et jusqu'à la Cour Suprême où un des juges est arabe.
  3. Aucun endroit en Israël n'est interdit aux arabes : les transports communs, les hôpitaux, les écoles et les universités... sont tous ouverts à tous les citoyens israéliens, indépendamment de leurs croyances religieuses ou origines ethniques. Dans ce cas également, la situation est la même que celle qu'on trouve en France.
  4. En Israël, chaque citoyen(ne) épouse qui il-elle désire.
  5. Tous les arabes qui vivent en Israël possèdent la même carte d'identité que les autres citoyens et ils ont exactement les mêmes droits. Aucun poste électif leur est interdit.
Le sujet est vaste, mais en quelques lignes, j'ai désiré montrer à quel point comparer la situation en Israël avec celle qui existait en Afrique du Sud du temps de l'apartheid est mensonger. Si on peut trouver de la discrimination en Israël, cela est le cas dans tous les pays (y compris en France à l'encontre des noirs, arabes, roumains...). Si le mot « apartheid » est utilisé uniquement contre Israël, les militants de la cause palestinienne le font pour une raison évidente : dénoncer d'une façon mensongère et outrancière l'État juif.

Le manque d'honnêteté intellectuelle de ces militants leur ôte toute crédibilité... surtout qu'ils ne défendent pas les palestiniens qui habitent dans les pays arabes voisins d'Israël et qui – la plupart du temps – ne jouissent d'aucun droit. Si les droits de l'homme – plus que la haine du juif -était bel et bien la motivation des militants de la cause palestinienne, pour quelle raisons se taisent-ils lorsque les droits des palestiniens sont bafoués ailleurs qu'en Israël ?
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mardi 4 septembre 2012

Le Hamas admet avoir tué un bébé

"Un responsable du Hamas a admis à la BBC que l’enfant de Gaza tué mardi est mort à la suite de tirs de roquettes palestiniens, et non en raison d’une frappe israélienne. Bien que ce ne soit pas la première fois qu’un pareil drame se produise, cet aveu, lui, est une première historique !"

 

"Le porte-parole des services d’urgence palestiniens, Adham Abou Salmiya, a déclaré à l’agence palestinienne Maan que Hadil Al-Haddad, 2 ans, a été tué et son frère blessé, mardi, dans le quartier de Zeitoun à Gaza."

"Mais en dépit de l’admission du responsable du Hamas à la BBC, un autre responsable du Hamas a déclaré à Reuters, que la cause du décès de l’enfant n’était pas clair. Des témoins palestiniens ont eux, confirmés à Maan, que l’enfant est mort lors de l’envoi d’un missile sur Israël, depuis un terrain situé près de chez lui."

Je m'interroge : les défenseurs de la cause palestinienne (qui ne rapportent pas la nouvelle) auraient-ils été autant silencieux si ce bébé avait été tué par un missile israélien ? En d'autres termes : défendent-ils réellement les palestiniens ou passent-ils leur temps à simplement vouloir taper sur les juifs ?
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lundi 3 septembre 2012

À bas la morale laïque !

Voilà qu'on nous reparle de l'enseignement de la morale à l'école. Jean Baubérot a décrit en quelques lignes les principaux aspects de ce projet et ce qui – d'après lui – devraient en être les lignes conductrices. D'autre part, Claude Lelièvre a rappelé les point importants mentionnés récemment par le ministre de l'éducation. D'après monsieur Lelièvre, cette démarche s'inscrit dans la lignée de Ferdinand Buisson qui a exposé sa pensée dans un livre important : « La foi laïque. » Dans les deux cas, on nous dit que cette initiative gouvernementale est bienvenue et qu'elle représente un moment important pour la République française. On me permettra d'être en désaccord.



L'État règle la vie de ses citoyens à travers les lois, les règlements et autres décrets qui nous disent ce qu'il est autorisé (bien) de faire et ce qui est interdit (mal). Cela ressemble à la définition de la morale (selon le Larousse) : « Ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d'une certaine conception de la vie. » Ainsi, nous avons déjà une morale : le Code civil. Il n'est pas facile de savoir avec exactitude le nombre de lois que celui-ci inclut, mais on parle sans aucun doute de plusieurs milliers de lois. N'est-ce pas suffisant pour gérer et diriger notre vie ? L'État doit-il vraiment empiéter encore plus le peu de vie et de pensée privées qu'il nous reste ?

La différence entre la loi et l'enseignement de la morale est sans doute que la première doit être suivie d'une façon obligatoire, tandis que nous pouvons être en désaccord avec la seconde sans envisager une amende ou un emprisonnement. C'est précisément pour cette raison que je ne désire pas que l'État me dise – et dise à mes enfants – quoi penser. Je suis adulte et j'estime pouvoir me débrouiller tout seul pour me construire. Il m'est inutile d'avoir le contrôle du ministre de l'éducation chaque seconde de ma vie pour me dire si je suis un bon citoyen ou non.

De fait, ce ministre possède de grandes ambitions : celle de la « une construction du citoyen avec certes une connaissance des règles de la société, du droit, du fonctionnement de la démocratie, mais aussi toutes les questions que l’on se pose sur le sens de l’existence humaine, sur le rapport à soi et aux autres, à ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne. » Je rêve ou quoi ? Depuis quand le gouvernement est-il responsable de ma façon de penser l'existence humaine. Certes, je dois respecter les lois, mais plus que cela : basta !

Les valeurs de gauche n'étant pas celle de droite (quoi que...), je me demande ce qui se passera lors du prochain changement de camp au Palais Bourbon et à l'Élysée. Doit-on prévoir un changement du programme de la morale laïque lors de chaque élection ? Ne peut-on pas laisser les citoyens tranquilles ? De plus, la société est plurielle et même si l'école est laïque, les citoyens français ne le sont pas tous. Que dirons-nous aux jeunes garçons et filles croyants qui entendront une morale qui sera contraire à leurs valeurs ? Qu'ils sont des citoyens de seconde classe parce qu'ils pensent différemment ?

La pensée appartient à l'individu et dans nos sociétés ultra-policées, c'est une des dernières parcelles de liberté qui nous reste. Le gouvernement envisage d'y pénétrer en voulant y faire passer son message par la force (les élèves auront-ils le choix de ne pas assister aux cours de morale ?). Peu importe si j'adhère ou pas à celui-ci : on ne devrait pas essayer de forcer la main aux enfants, ni aux adolescents. L'État n'est pas l'exemple qui me vient le premier à l'esprit lorsque je cherche une direction à prendre dans ma vie. Suis-je un assisté pour que Matignon se sente obligé de me prendre en charge ?

Après Sarkozy et ses excès de tous les jours, nous voilà avec Hollande qui va bientôt nous dire quoi penser ! J'en ai un peu marre de ces dirigeants encombrants. Non seulement ils ne sont pas très compétents, mais ils s'octroient une parcelle de gouvernance qui devient franchement embêtante !
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vendredi 31 août 2012

Antisionisme = antisémitisme ?

Maintes fois, cette question est posée : « Peut-on critiquer la politique de l'État d'Israël, sans être traité d'antisémite ? » Je ne suis pas certain des bonnes intentions des personnes qui se posent cette question. De fait, quel pays dans le monde peut-il se prétendre au-dessus de toutes formes de critique ? S'il existait un tel pays, aurait-il des chances d'être pris au sérieux ? Faire croire qu'Israël serait l'exception et ne supporterait aucune critique est étonnant.

Les dirigeants israéliens, ne vivent pas dans une bulle. À la Knesset (le parlement israélien), les débats sont souvent vifs entre la droite et la gauche. De plus, les parlementaires arabes n'ont pas vraiment la langue de bois et leurs critiques sont souvent rudes à l'encontre de la politique du pays. Pourtant, les accusations d'antisémitisme à leurs égards ne sont pas la règle. Également, les débats au sein de la société ne sont pas toujours empreints de la délicatesse que nous connaissons en France (même si cela n'est pas la règle absolue dans le pays de Voltaire !)


Entendre des critiques est le quotidien d'un gouvernement et en Israël, ce principe est accepté. Washington ne cache pas souvent ses divergences d'opinion avec Jérusalem et pourtant, il n'a jamais été question d'antisémitisme entre les deux pays. Cela est également le cas pour la plupart des pays européens et des organisations internationales (ONU, Croix Rouge...) ; dans leur cas aussi, l'antisémitisme n'est pas un concept qui est mis de l'avant. Alors ? « Peut-on critiquer la politique de l'État d'Israël, sans être traité d'antisémite ? »

Bien sûr, mais en ne dépassant pas certaines limites. Après tout, ce principe s'applique à tous les pays et pas seulement à Israël. Le sujet est vaste et ce ne sont pas quelques lignes qui répondront à toutes les questions. Aujourd'hui, je voudrais m'attarder sur le concept de l'antisionisme et expliquer les raisons pour lesquelles – selon moi – être antisioniste équivaut à être antisémite.

Qu'est-ce que le sionisme ? Selon le Larousse, il s'agit du « mouvement dont l'objet fut la constitution, en Palestine, d'un État juif. » De fait, le droit de chaque peuple à choisir son destin est inscrit dans la charte de l'Organisation des Nations Unies où l'on fait référence (article 1, alinéa 2) au « respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes. » Ainsi, appuyer le sionisme est soutenir l'idée que le peuple juif doit disposer d'un pays. Partant, s'opposer au sionisme (être antisioniste), c'est s'opposer à la « constitution, en Palestine, d'un État juif. » Les israéliens ont vite aboutit à cette conclusion : ceux et celles qui nous refusent le droit d'existence sont antisémites. Je partage cet avis.

Être sioniste, c'est ne pas vouloir que l'État d'Israël disparaisse. Cela ne donne pas d'indication particulière à propos de la personne qui est sioniste : est-elle de gauche ou de droite ? Intelligente ou stupide ? Fréquentable ou pas ? Etc... Simplement : en étant sioniste, cette personne affiche son accord avec l'existence de l'État d'Israël. Le contraire est intenable car il signifie un déni de justice pour les juifs. Avec des mots bien plus inspirés que les miens, c'est exactement ce qu'à déclaré Martin Luther King. Selon lui :

« L'antisioniste signifie de manière inhérente antisémite et il en sera toujours ainsi (...) Il devrait être si facile de comprendre, de soutenir le droit du Peuple Juif à vivre sur l'antique Terre d'Israël. Tous les hommes de bonne volonté se réjouiront de la réalisation de la promesse de Dieu, que son Peuple retourne dans la joie sur la terre qui lui a été volée. C'est cela le Sionisme, rien de plus, rien de moins. »

« Et qu'est l'antisionisme ? C'est le déni au peuple juif d'un droit fondamental que nous accordons librement à toutes les nations de la terre : celui de posséder son propre État. C'est de la discrimination envers les Juifs, mon ami, parce qu'ils sont Juifs. En un mot, c'est de l'antisémitisme. » (On peut lire le texte entier ici.)

Ayant dit cela, je nie pas le droit aux palestiniens d'avoir eux-aussi leur pays. Si le principe s'applique au peuple juif, il doit s'appliquer aux palestiniens ! Cependant, l'antisionisme qui règne dans le monde arabe en général et chez les palestiniens en particulier me donne peu d'espoir sur la possibilité de voir prochainement la paix dans la région de ce monde. Tant de haine à l'encontre des juifs !

Je sais qu'il existe d'autres définitions de l'antisionisme (lire Wikipedia), mais je n'y adhère pas. Certaines nient de toute façon le droit du peuple juif à posséder son pays ou l'existence même de ce peuple ! D'autres sont plus tendres, mais je m'interroge dans ce cas sur l'utilité de se dire « antisionisme. » Notre vocabulaire est-il si pauvre qu'on ne peut pas formuler son opposition à un aspect d'une politique étatique en étant précis sur ce qui nous dérange ?
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