lundi 25 février 2013

La vertu des principes


S'il fallait énumérer les arguments qui ont été avancés en faveur du mariage pour les homosexuels, la liste serait certainement très longue. Pourtant, les deux principaux qui ont été cités sont sans doute l'égalité pour tous et l'absence d'atteinte aux droits d'autrui.
Égalité pour tous
La lutte pour l'égalité a été le sceau d'empreinte des partisans du mariage pour les homosexuels. « Il est injuste de refuser à certains (les homosexuels) ce qui est offert aux autres (les hétérosexuels). » Considérée sous cet angle, l'opposition au mariage pour les homosexuels était dénoncée comme contraire aux droits de l'homme et les partisans de cette opposition ont souvent été qualifiés de ringards et de réactionnaires.


Cette égalité pour tous a été présentée comme la volonté de libérer des citoyens de seconde zone et de supprimer les causes d'un ostracisme qui n'était pas digne de la France. Pays des Lumières et des Droits de l'homme, on se demandait de quelle façon certains Français pouvait s'opposer à une telle loi. De fait, le débat semblait tellement irréaliste qu'il a été rarement de mise. « Comment peut-on discuter avec des extrémistes ? »
Absence d'atteinte aux droits d'autrui
Le deuxième argument principal était celui de l'absence d'atteinte aux droits des personnes qui ne sont pas concernées par ce changement de la loi. En d'autres termes, en accordant le mariage aux homosexuels, on ne retire rien aux hétérosexuels. Partant, on ne comprenait pas les raisons d'une opposition de principe qui semblait être d'un autre âge.
Ajouté à l'argument de l'égalité pour tous, celui de l'absence d'atteinte aux droits d'autrui a ressemblé à un coup de massue auquel il devenait difficile de répondre. Si l'on ne retire rien aux autres, pour quelle raison pourrions-nous nous opposer au projet de loi ?
Des principes essentiels
Les deux principes que nous avons annoncés sont d'une importance capitale : l'égalité pour tous et l'absence d'atteinte aux droits d'autrui. C'est pour les mêmes principes que je m'oppose à l'interdiction du foulard musulman dans les écoles françaises.
L'école est une obligation pour tous. L'enseignement est une chose trop importante pour en exclure une catégorie de citoyens. L'égalité pour tous doit concerner l'éducation et pas seulement le mariage. Les risques d'enfermer des individus dans une catégorie de citoyens de seconde classe doivent être combattus avec la même force, pour les homosexuels comme pour les étudiants.
En laissant les Musulmanes croyantes entrer dans les écoles françaises, on n'ôte rien aux autres Français. Ceux qui allaient déjà à l'école pourront évidemment continuer à y aller. D'aucune façon, les droits des étudiants ne seront atteints par le fait que certains d'entre eux portent un foulard.
Si rien n'est enlevé à la majorité, nous ne possédons aucune raison pour interdire nos écoles à une minorité. Nous devons être aussi pointilleux et intransigeants à défendre les droits de la jeunesse française que celle d'une communauté que son orientation sexuelle rend différente de la majorité. Si nous possédons des principes pour les uns, nous devons les posséder pour les autres.
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mercredi 6 février 2013

"Et si l'intervention au Mali ouvrait la porte des réformateurs en islam"


(Dans le journal Le Monde daté d'aujourd'hui, Michel Rocard a publié une superbe tribune. Pour une fois, j'applaudis des deux mains l'ancien premier ministre.)
Malgré la prise importante et spectaculaire de Tombouctou, l'événement essentiel de ces derniers jours au Mali n'est pas de nature militaire. Il est fait de deux déclarations. L'une est de Chérif Ousmane Haïdara, prédicateur célèbre et chef charismatique des "Partisans de la Religion" alias Ansar Eddine, légalisée en 1992, forte de près d'un million de membres au Sahel, dont la plupart au Mali, et totalement étrangère à son homonyme du même nom qui, liée à Al-Qaida au maghreb islamique (AQMI), occupe le nord du Mali.
Dans cette déclaration on peut lire "AQMI, Ansar Eddine, Mujao : c'est pareil. Ce sont des bandits et des trafiquants de drogue qui utilisent la religion comme couverture "... et un peu plus loin : " Il va falloir mener une guerre idéologique et dénoncer ceux qui se disent musulmans et qui sèment la mort".
DÉNONCENT L'INTERVENTION FRANÇAISE
L'autre, encore plus explicite, est de l'imam Mahmoud Dicko, Président du Haut Conseil Islamique du Mali. Il s'en prend à quelques autorités musulmanes, dont une du Qatar,qui dénoncent l'intervention française, et déclare tout bonnement :
"Nous ne sommes pas d'accord avec cette interprétation, nous pensons que c'est le contraire. C'est la France qui a volé au secours d'un peuple en détresse, qui avait été abandonné pour tous ces pays musulmans à son propre sort. Nous parler de croisade anti islam, c'est quelque chose que nous ne pouvons pas accepter en tant que responsables musulmans du Mali".
A ma connaissance ce sont les toutes premières déclarations d'autorités religieuses musulmanes sur ce sujet. C'est en quoi elles sont essentielles.


Et comme elles viennent du Mali, il est fort probable qu'elles inspireront les autorités religieuses des pays – Niger, Nigeria, Sénégal, tous musulmans à plus de 90% - voisins qui ont décidé de soutenir l'intervention française, lorsque celles-ci finiront par être conduites à commenter les décisions de leurs autorités politiques.
Il est décisif en effet, pour que l'intervention française au Mali soit efficace qu'elle reste bien accueillie dans le monde et sur place, et qu'elle reste quasi unanimement soutenue en France. Cela n'est souhaitable et possible que si d'abord elle est bien comprise et bien située parmi les enjeux multiples, complexes et imbriqués qui interfèrent en Afrique. Que s'est-il donc passé ?
RETOUR SUR L'HISTOIRE D'UNE CRISE
En janvier 2013, du fond de son pays en pleine désagrégation, le président par intérim, musulman, d'une population musulmane à 90% appelle la France à l'aide. De quoi s'agit-il ? Depuis bien des mois des activistes appartenant à des populations extérieures, Libye, Tchad, Algérie, Mauritanie peut-être, nomades, touaregs du désert, à l'enracinement national inconnu sans doute aussi, sont arrivés à se grouper, à s'approprier ensemble une part significative des puissants moyens militaires hérités de Khadafi, véhicules et armes, à proclamer ensemble que quiconque n'est pas disciple du prophète doit être abattu et que pour ce faire la conquête d'un État pour en faire une base territoriale d'assaut contre les non-croyants est la première priorité.
Michel Rocard, ancien premier ministre
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vendredi 1 février 2013

Tenue vestimentaire à Gaza (2)


(Suite à la décision d'inciter les étudiantes de l'Université Al-Aqsa à Gaza de porter des vêtements plus stricts, le journaliste palestinien Daoud Kuttab a publié l'article qui suit.)
Comme si le peuple palestinien n'a pas assez de problèmes avec l'occupation et les divisions dans le domaine politique, il existe depuis quelques jours une nouvelle polémique ; cette fois-ci, il s'agit d'un problème social.
Le problème a commencé dimanche dernier, le 27 janvier, lorsque le conseil d'administration de l'Université Al-Aqsa a voté à l'unanimité l'imposition d'un « code vestimentaire » pour les étudiantes. Selon les nouvelles lignes directrices, en plus du voile sur la tête (hijab), toutes les élèves doivent porter le jilbab – la longue veste lâche qui s'étend aux pieds et qui permet de ne montre aucune des formes du corps de la femme. Bien que cela semble être une décision contraignante, la direction de l'université a déclaré qu'aucune sanction ne sera donnée aux élèves qui refusent de se conformer à l'ordre vestimentaire, mais que des tentatives pour changer le comportement de ces élèves « seront appliquées par la persuasion plutôt que la punition. »
Des réactions négatives et colériques ont été formulées par des responsables palestiniens à Ramallah, le service culturel de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le gouvernement palestinien, en particulier le ministre de l'Enseignement supérieur Ali Jirbawi. Dans un message ferme au président de l'université, Salam al-Agha, Jirbawi lui a rappelé que l'université est accrédité par l'Autorité nationale palestinienne et que la Loi fondamentale palestinienne garantit « les libertés individuelles » à tous les Palestiniens.


Les médias palestiniens de la ville de Ramallah ont également participé aux critiques en citant un étudiant de troisième année nommé Tahrir. Selon Tahrir, si elle avait voulu respecter le code vestimentaire islamique, elle serait allée à l'Université islamique qui est plus conservatrice que l'université Al-Aqsa.
La situation à Gaza révèle en fait ce que beaucoup appellent l'islamisation ou la « Hamas-isation » des institutions palestiniennes dans la bande de Gaza. Alors que l'Université islamique a toujours été étroitement liée avec le mouvement islamiste, l'Université Al-Aqsa est réputée pour être moins islamique et plus proche de la ligne politique nationaliste de l'OLP. Lorsque les dirigeants politiques palestiniens du Fatah ont perdu le contrôle de la bande de Gaza, le président de l'université – à cette époque – Ali Zeidan a été parmi les dirigeants pro-Fatah qui ont quitté la bande de Gaza pour rejoindre la ville de Ramallah. Ali Zeidan est maintenant ministre des Transports dans le gouvernement de Salam Fayyad sous l'autorité du président Mahmoud Abbas. Agha, qui fut nommé par le Hamas afin de remplacer Zeidan, a comme responsabilité de poursuivre ce processus d'islamisation. Il est évident que ce processus fait partie d'une campagne initié par le Ministère Al Awqaf (Ministère des Affaires religieuses) du gouvernement du Hamas.
Pour sa part, l'OLP a également fait entendre sa voix contre la tentative d'introduction du code vestimentaire conservateur.
Le Département de la Culture et de l'Information de l'OLP, dirigée par Hanan Ashrawi, a critiqué la décision de l'université comme étant de type taliban. Le communiqué indique que la décision viole les droits de l'homme et les enseignements islamiques.
L'OLP a déclaré que la décision est également contraire à la mission de l'université, qui a été fondée pour développer la société, et a condamné les violences verbales et physiques auxquelles seraient confrontées les filles pour ne pas adhérer au code vestimentaire.
Il est difficile de discerner si l'apparition de ce problème lié au domaine social est lié à aux tentatives actuelles pour réconcilier l'OLP (laïque) et le Hamas (religieux). Selon certains commentateurs, une fois qu'un tel rapprochement sera effectué et qu'il sera suivi par des élections palestiniennes, le pouvoir social des islamistes s'affaiblira. Pour lutter contre cette éventualité, les islamistes de Gaza tenteraient à l'heure actuelle de créer une situation sur le terrain dans laquelle les mœurs culturels islamiques ne pourraient pas être inversés dans l'avenir.
Selon d'autres commentateurs, la pression exercée sur le conseil d'administration de l'université reflète une fracture au sein du Hamas, qui craint de perdre le pouvoir si les efforts de réconciliation vont de l'avant . Selon cette école de pensée, la décision du code vestimentaire serait une tentative de faire échouer les pourparlers de réconciliation en créant un problème d'ordre secondaire qui provoquerait à coup sûr une réponse énergique des cercles moins religieux dans la bande de Gaza et à Ramallah qui est dominé par l'OLP.
Quelle que soit la raison, cette controverse s'ajoute à un nombre toujours croissant de problèmes auxquels les dirigeants du Hamas et l'OLP devront affronter lorsqu'ils décideront d'entrer sérieusement dans la phase de mise en œuvre du processus de réconciliation.
Daoud Kuttab.
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Daoud Kuttab est jouranliste palestinien et un ancien professeur de journalisme de l'Université de Princeton. Il est actuellement le directeur général de Commuty Media Network, un organisme sans but lucratif voué à la promotion des médias indépendants dans le Monde arabe.
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dimanche 27 janvier 2013

Tenue vestimentaire à Gaza (1)


L’université de bande de Gaza, lieu d’enseignement au Jihad, a terminé la semaine dernière sa première année de formation « au combat contre les sionistes. » Près de 3000 jeunes ont été formés au maniement des armes et à la lutte sur tous les autres front (diplomatique, médiatique, etc…) dans le but de « détruire l’entité sioniste. »


Dans le même temps, l’Université a annoncé cette semaine que les étudiantes (notez bien qu’il s’agit des femmes uniquement) doivent dorénavant se conformer à un code vestimentaire « islamique ». Une annonce qui a provoqué un mini-tollé dans plusieurs groupes étudiants alors qu’aucun ne s’était plaint des formations visant à tuer des enfants juifs.
Selon le président de l’Université Al Aqsa de Gaza-ville, Salam al-Agha, le code vestimentaire ne nécessite pas le jilbab (long manteau) ou le niqab (voile couvrant le visage), mais plutôt ce qu’il appelle une « robe digne de l’université. »
Il dit que les étudiantes comprennent cela si elles ne veulent pas se faire expulser de l’université.
Un étudiant de troisième année a déclaré à Ma’an News Agency: «Si j’avais su avant que l’université imposerait la tenue islamique, je ne serait pas venue ici. » La femme, qui a requis l’anonymat, a dit qu’elle ne portera pas de robe «islamique»…
Pendant ce temps, l’OLP de Mahmoud Abbas a dénoncé la décision. « C’est une décision dangereuse avec de graves implications sociales et politiques. »
Mais selon le recteur de l’université, « 97% des étudiantes sont déjà soumises par elle-meme aux règles de respect de l’Islam. Nous voulons juste que 100% le respecte. »
(Lire également la réaction du journaliste palestinien Daoud Kuttab)
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jeudi 29 novembre 2012

Le Maghreb sous la croix gammée


Première partie du documentaire diffusé sur Arte :


Deuxième partie : 


Troisième partie : 

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La croix gammée et le turban


Première partie du documentaire diffusé sur Arte :


Deuxième partie :


Troisième partie :

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dimanche 28 octobre 2012

La pensée de Tariq Ramadan (5)


Tariq Ramadan occupe une place trop souvent laissée libre dans le monde islamique : celle des intellectuels musulmans croyants et pratiquants qui cherchent à unir le monde de la religion (musulmane) avec le monde moderne (et ses valeurs occidentales). Cet article est la deuxième partie d'un texte dans lequel je  présente d'une façon succincte l'essence de la pensée de cet auteur. (Les références sont celles de l'édition en anglais « What I believe », publié par Oxford University Press, 2010.) Pour lire la quatrième partie, cliquez ici.
Avant de conclure son ouvrage, Tariq Ramadan dresse une liste de groupes de personnes qui sont à l'origine de la méfiance de certains médias et individus à son encontre et qui le fait souvent qualifier d'intellectuel controversé. .
Les laïques dogmatiques (typiquement français, ces individus craignent le « retour de la religion » avec la présence des musulmans). Tariq Ramadan regrette qu'une déclaration telle que « forcer une femme à porter un voile s'oppose à l'islam et forcer une femme à l'enlever s'oppose aux droits de l'homme » ne puisse pas être consensuelle (p. 98).


L'extrême-droite. La nouvelle présence de musulmans dans l'Ouest est évidemment une cible pour les partis politiques les plus nationalistes, chauvins et racistes. Ce qui est encore plus inquiétant est que le discours anti-musulman utilisé régulièrement par les politiciens et intellectuels de l'extrême-droite est de plus en plus répété par des partis politiques plus traditionnels de la droite et de la gauche (p. 100).
Certains groupes féministes. Ces groupes s'inquiètent de l'apparition de femmes qui portent le voile et du retour de la religion, réputé s'opposer aux femmes, à leurs statuts et leur autonomie. Si certains groupes ont lié des liens avec des organisations musulmanes – afin de trouver les points communs entre leur lutte et celles des femmes musulmanes qui s'opposent à une vision trop littérale de leur religion – d'autres ne peuvent accepter de telles alliances et s'opposent à l'islam, comme ils s'opposent à toutes les religions (p. 101).
Certains groupes homosexuels. Leurs raisons de s'opposer à l'islam s'explique par l'opposition connue de l'islam – comme les autres religions – à l'homosexualité. D'autre part, certains groupes islamistes peuvent certainement être qualifiés homophobes en entendant leurs discours. Cependant, Tariq Ramadan s'oppose à ces discours homophobes car le plus important consiste à respecter chaque être humain, même si on n'approuve pas son comportement (p. 103).
Groupes pro-israéliens et néo-conservateurs. L'auteur s'oppose à l'antisémitisme et déclare que l'antisémite est anti-islamique. De plus, il dénonce le discours à l'encontre des juifs qui est prononcé dans certains cercles musulmans, même s'ils se justifient en se servant du conflit israélo-palestinien et de l'oppression israélienne contre les palestiniens. Em même temps, Tariq Ramadan rappelle que s'opposer à la politique de l'État d'Israël n'équivaut pas à de l'antisémitisme (105).
Certains États arabes et de l'Ouest. Certains États arabes ont peur lorsqu'on critique les dictatures, le manque de démocratie, la torture... Ces États répandent des rumeurs contre leurs opposants et n'hésitent pas à utiliser leurs ambassades afin de surveiller les éventuels « suspects » (p. 107).
Certains groupes salafistes et ancien musulmans. Le plus souvent, les groupes salafistes (traditionalistes) adoptent un discours très sévère contre les mouvements réformateurs. D'autre part, certains anciens musulmans ont certainement vécu des moments difficiles dans certaines communautés musulmanes. Si certaines de leurs critiques sont justifiées, d'autres ne servent qu'un objectif : émettre des doutes à propos de l'islam.
Fin de la recension.
(Dans le prochain article, je détaillerai mon avis personnel sur cet ouvrage de Tariq Ramadan et plus généralement, sur la pensée de cet intellectuel.)
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mercredi 24 octobre 2012

La pensée de Tariq Ramadan (4)


Tariq Ramadan occupe une place trop souvent laissée libre dans le monde islamique : celle des intellectuels musulmans croyants et pratiquants qui cherchent à unir le monde de la religion (musulmane) avec le monde moderne (et ses valeurs occidentales). Cet article est la deuxième partie d'un texte dans lequel je  présente d'une façon succincte l'essence de la pensée de cet auteur. (Les références sont celles de l'édition en anglais « What I believe », publié par Oxford University Press, 2010.) Pour lire la troisième partie, cliquez ici.
Selon Tariq Ramadan, si l'on parle beaucoup des musulmans à notre époque, c'est en partie à cause de la volonté européenne de les définir comme une entité différente : culturellement et spirituellement. Cette volonté historique se heurte de nos jours à une visibilité plus importante qu'il y a quelques années et par les problèmes sociaux qui sont identifiés – à tort – comme d'origine ethnique (p. 81). 
L'auteur estime que l'esprit européen a toujours souhaité effacer la contribution des intellectuels et des scientifiques musulmans au projet européen. Cette tentative d'élaboration identitaire est mise à mal aujourd'hui, lorsque la présence des citoyens musulmans devient plus visible et s'ajoute à l'immigration toujours réelle en Europe : la peur de la pluralité religieuse et culturelle amène à un repli sur soi réducteur et regrettable (p. 82).
Selon l'auteur, « l'Europe et l'Ouest ne peuvent pas survivre s'ils continuent de se définir eux-mêmes en termes d'exclusion et en opposition à un Autre – l'islam ou les musulmans – dont ils ont peur. » Ainsi, l'Europe doit accepter sa diversité – héritage du passé – et se projeter vers l'avenir en faisant des musulmans des citoyens comme les autres.


De leur côté, les musulmans ne doivent pas viser seulement leur « intégration », mais prendre conscience de leur contribution importante à l'édification européenne. Les musulmans qui y résident doivent réaliser qu'ils partagent en fait les mêmes valeurs que les citoyens européens et de l'Ouest (p. 84). 
À propos de l'islam, Tariq Ramadan suggère une « réforme radicale » afin d'ouvrir les débats sur les fondements de cette religion. Il remet en cause les catégorisations et les méthodologies originelles et suggère une démarche qui aboutirait à une réforme créative de transformation (p. 85).
En ce qui concerne la diversité en Europe, l'auteur note qu'elle est une réalité et que les sociétés européennes doivent le réaliser et construire un nouveau futur basé sur la volonté politique, un projet commun pour la société et une véritable « philosophie du pluralisme » (p. 90).
Si cette démarche ne se réalise pas, ce sont alors les principes essentiels de la démocratie qui seront mis en danger, avec les avancées du pluralisme politique dans lesquels l'Ouest tire sa fierté. En d'autres termes, il s'agit de sauver « l'âme de l'Europe » (p. 91).
Tariq Ramadan rappelle que l'immense majorité des musulmans respectent les lois du pays dans lequel ils vivent, qu'ils parlent la langue commune et qu'ils s'impliquent dans tous les domaines de la société : intellectuels, sociaux, politiques... Pourtant, un sentiment d'insécurité croît au sein des sociétés qui pensent que les jeunes musulmans ne s'intègrent pas et que l'islam est réellement le problème (p. 92).
Cette différence – entre la réalité et l'opinion publique – s'explique par le rôle des médias qui se concentrent uniquement sur les discours extrêmes et les situations les plus critiques. Qu'il s'agisse des attentats terroristes, de l'intervention publique d'ex-musulmans, de films opposés à l'islam, de caricatures... le rejet des musulmans par la société ne peut être que la conclusion logique de l'importance démesurée qu'on leur accorde (p. 93).
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lundi 22 octobre 2012

La pensée de Tariq Ramadan (3)


Tariq Ramadan occupe une place trop souvent laissée libre dans le monde islamique : celle des intellectuels musulmans croyants et pratiquants qui cherchent à unir le monde de la religion (musulmane) avec le monde moderne (et ses valeurs occidentales). Cet article est la deuxième partie d'un texte dans lequel je  présente d'une façon succincte l'essence de la pensée de cet auteur. (Les références sont celles de l'édition en anglais « What I believe », publié par Oxford University Press, 2010.) Pour lire la deuxième partie, cliquez ici.
Un sujet sur lequel Tariq Ramadan est régulièrement interrogé est celui de la place des femmes dans l'islam. Selon lui, si « l'islam n'a aucun problème avec les femmes, les musulmans semblent réellement avoir de sérieux problèmes avec elles » (p.62). 
L'auteur distingue deux courants principaux de pensée : le premier qui favorise une lecture littérale des textes saints, qui possède une vision patriarcale de la femme et qui définit le rôle de celle-ci par rapport au rôle qu'elle doit tenir face à l'homme. Le deuxième courant de pensée – qui correspond à l'approche réformiste – dépasse le contexte historique des textes afin de définir la femme comme un être indépendant de l'homme et qui doit être maître de son propre sort (p. 63).
Tariq Ramadan affirme que le discours islamique sur les femmes a été largement influencé par des cultures patriarcales et que certaines pratiques – qui n'étaient pas islamiques – sont devenues habituelles et acceptées : excisions, mariages forcés, crimes d'honneur. L'auteur s'oppose à ceux qui essaient de trouver une justification religieuse pour de tels comportements et estime que dans ces cas, « le message originel a été trahi » car ces pratiques sont « opposées à l'islam » (p. 64).
L'auteur favorise une implication importante des femmes dans la vie sociale et estime qu'elles sont dans leurs droits lorsqu'elles demandent un accès libre à l'éducation, la parité dans les salaires, qu'elles militent contre la discrimination dans le monde du travail. Qu'on appelle ce combat le « féminisme » (concept auquel ne s'oppose pas Tariq Ramadan) ou plus simplement le combat pour des droits légitimes, il est – selon l'auteur – primordial à ses yeux (p. 65).


Ce combat pour la liberté de la femme doit être mené, même s'il aboutit à ce que les femmes puissent faire des choix qui ne seront pas toujours compris par les hommes. Cette lutte doit permettre aux femmes d'atteindre leur autonomie et leur liberté d'action (p. 66).
L'auteur aborde le sujet de l'intégration des populations musulmanes issues de l'immigration. Il note qu'après plusieurs générations passées dans un même pays, on devrait dépasser le discours sur l'intégration des musulmans qui renvoie toujours à une différence et à la notion du « eux » contre « nous » (p. 68). Plutôt, il préfère une approche plus globale.
Ainsi, c'est l'histoire officielle de chaque pays qui doit intégrer les mémoires multiples de ses citoyens (nouveaux et anciens) ; à cette fin, il est important de faire mention de leurs passé, leur richesse culturelle et intellectuelle, de valoriser leur présence et ce qu'ils apportent à leur pays... Tout cela doit servir un seul objectif : faire que les musulmans se sentent entièrement chez eux au sein des sociétés dans lesquelles ils évoluent (p. 69).
C'est au niveau local – selon Tariq Ramadan – que ce sentiment d'appartenance peut se développer le plus facilement. Les initiatives municipales dans les domaines du marché de l'emploi, des médias, des relations entre les différentes religions... doivent donc être mis de l'avant. De fait, les tensions qui mettent l'accent sur des communauté spécifiques et qui font souvent la une des journaux ne se retrouvent pas au niveau local (p. 71).
Les musulmans également doivent êtres actifs dans ce domaine. De fait, l'auteur suggère à ses compatriotes d'apprécier à sa juste valeur la langue (qu'ils doivent savoir parler), la culture et les lois du pays dans lequel ils vivent. D'autre part, les discours tenus dans les mosquées doivent permettre aux musulmans de se sentir à l'aise en étant musulmans et citoyens de leur pays (p. 73).
L'auteur aborde le sujet des discriminations dont sont victimes les musulmans. Pour lui, s'il ne fait aucun doute qu'ils sont des victimes, ils ne doivent pas pour autant adopter une mentalité qui va de pair. Plutôt, ils doivent s'affirmer et s'assurer que leurs droits sont respectés (p. 75).
Cette lutte est rendue difficile à cause de la classe politique qui manque du courage nécessaire afin de réaliser les véritables réformes qu'elle devrait. Obsédés par la date des prochaines élections, les politiciens donnent un aspect culturel ou islamique à de nombreux problèmes qui, en réalité, sont simplement sociaux (p. 75).
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mardi 16 octobre 2012

Finkielkraut et Ramadan

Dans ma recherche à propos de la pensée l'intellectuel Tariq Ramadan, je vous propose de suivre un échange intéressant entre Alain Finkielkraut et Tariq Ramadan (le document est en trois parties).






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lundi 15 octobre 2012

La pensée de Tariq Ramadan (2)


Tariq Ramadan occupe une place trop souvent laissée libre dans le monde islamique : celle des intellectuels musulmans croyants et pratiquants qui cherchent à unir le monde de la religion (musulmane) avec le monde moderne (et ses valeurs occidentales). Cet article est la deuxième partie d'un texte dans lequel je  présente d'une façon succincte l'essence de la pensée de cet auteur. (Les références sont celles de l'édition en anglais « What I believe », publié par Oxford University Press, 2010.) Pour lire le première partie, cliquez ici.
Si la diversité existe certainement parmi les musulmans, tous sont unis par la même croyance et les mêmes pratiques ; ainsi, on parle de «ummah » (« communauté musulmane ») en se référant aux musulmans, peu importe le pays dans lequel ils résident.
Cependant, Tariq Ramadan relève que la diversité existe dans deux domaines distincts. Tout d'abord, les lectures et interprétations variées des textes musulmans de référence sont une réalité qui permet de comprendre l'existence des différentes traditions, tendances et pensées au sein des écoles du droit musulman.
D'autre part, la diversité est d'ordre culturel. Ceci signifie que les musulmans ont toujours tenu compte des cultures et des traditions des pays dans lesquels ils vivent ; ainsi, un musulman africain n'est pas identique à un musulman asiatique. En d'autres termes, au fil des siècles, les musulmans ont toujours été « sélectifs et ont préservé ce qui ne contredisait pas les principes de leur foi » et il est donc possible d'affirmer qu'il existe « une religion – un islam – avec différentes interprétations et plusieurs cultures » (p. 42).
Ce phénomène historique est ce que vivent de nos jours les musulmans en Europe. Dans leurs cas également, ils doivent « rester fidèles aux principes religieux fondamentaux, tout en admettant leur culture occidentale. » De la sorte, ils sont « entièrement musulmans en ce qui concerne la religion et entièrement occidentaux en ce qui concerne la culture » (p. 42).
Le défi des musulmans consiste donc à « opérer une distinction » entre ce qui est culturel et ce qui est religieux. Dans le premier cas, il suffit d'adopter « les éléments positifs des cultures occidentales » et dans le second, il faut « rester fidèle aux principes de l'islam » (p. 44). Taris Ramadan affirme ainsi que ce processus permet de considérer que l'islam – tel qu'il est vécu par les musulmans qui résident dans les pays de l'ouest – est devenu une religion occidentale (p. 45.)
Prendre en considération les valeurs occidentales, tout en restant fidèles aux principes de l'islam permet à un islam réformiste de voir le jour et ce sont précisément les musulmans réformistes qui sont les plus nombreux en Occident, parmi les musulmans croyants et pratiquants (p. 47).
Le tableau est ainsi dressé de deux courants qui s'opposent : celui de l'islam réformiste et de l'islam littéraire. Selon l'auteur, si l'islam réformiste a déjà fait évoluer énormément l'interprétation des textes classiques musulmans, il doit aller encore plus loin et se modifier d'un islam de « réformes d'adaptation » en un islam de « réformes de transformation. ». Tariq Ramadan parle dans ce cas de « réformes radicales » qui sont indispensables afin de considérer sous un nouveau angle les « sources mêmes des principes fondamentaux de la loi islamique et de sa jurisprudence. » (p. 48).
Cette vision s'oppose de plein fouet à celle des minorités qui favorisent une approche littérale des textes et qui rejettent dans leur ensemble les valeurs occidentales perçues comme étant « vides de religion » et « dénuées de morale. » Les leaders de ces minorités ont un respect aveugle pour les autorités qui légifèrent le droit islamique (p. 49). Le fait qu'elles soient marginales parmi les musulmans échappent le plus souvent aux médias (p. 50).


Afin de donner un aspect concret à sa réflexion et aux progrès qu'il affirme avoir constaté dans l'islam en Occident, l'auteur cite quelques exemples. Ainsi, il estime que la majorité des musulmans qui vivent en Occident ne se considèrent plus comme des « étrangers » dans un monde qui n'est pas le leur. Plutôt, ils sont devenus – à l'image des croyants des autres religions – les propres « témoins » de leur message et principes et se sentent maintenant chez eux là où ils vivent (p. 51).
Également, la quasi-totalité des musulmans ont intégré deux concepts importants du monde occidental : la liberté de conscience et la liberté de croyance. Ils ont également compris que la laïcité et la neutralité religieuse garantissent la pluralité religieuse au sein des sociétés occidentales et qu'elles protègent leurs droits légitimes (p. 52).
Ceci explique la raison pour laquelle les musulmans ne demandent pas la promulgation de lois spécifiques à leurs égards, mais plus simplement que les lois qui existent soient appliquées et que toutes les religions reçoivent le même traitement (p. 52).
En ce qui concerne la présence de plus en plus visible des musulmans dans les sociétés occidentales, Tariq Ramadan note que nous commettons souvent l'erreur de penser qu'il s'agit de l'émergence d'une communauté ségrégationniste. Plutôt, il estime que cette visibilité est le fruit d'une meilleure implication des musulmans au sein de ces sociétés.
De fait, si les parents ou grands-parents des jeunes musulmans occidentaux avaient tendance à vivre d'une façon isolée et invisible, la nouvelle génération s'ouvre au monde extérieur et s'implique dans le monde social, culturel, politique, éducationnel... De timorés et effacés, les citoyens musulmans sont devenus des individus qui s'impliquent de plus en plus dans la société (p. 53).
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dimanche 14 octobre 2012

La pensée de Tariq Ramadan (1)


Tariq Ramadan occupe une place trop souvent laissée libre dans le monde islamique : celle des intellectuels musulmans croyants et pratiquants qui cherchent à unir le monde de la religion (musulmane) avec le monde moderne (et ses valeurs occidentales). Cet article présente d'une façon succincte l'essence de la pensée de cet auteur. (Les références sont celles de l'édition en anglais « What I believe », publié par Oxford University Press, 2010.)
Tariq Ramadan se présente lui-même comme un « croyant qui pratique » la religion musulmane (p.8) qui désire « jeter un pont entre deux univers (…) : les civilisations de l'Occident et islamiques » (p. 20). Il « assume entièrement (sa) foi musulmane et (sa) culture occidentale » et estime que les valeurs que ces deux concepts possèdent en commun sont plus importantes que leurs différences (p. 15).
Se sachant critiqué des deux côtés, il demande d'une part aux musulmans d'admettre que « tous les musulmans et que la majorité des sociétés musulmanes n'ont pas été et ne sont pas à la hauteur de l'excellence » de l'islam et d'autre part aux occidentaux de reconnaître les aspects meurtriers des colonies, destructeurs de l'ordre économique, le racisme, la discrimination, les relations avec les dictatures... » (p. 23).
Tariq Ramadan replace les relations entre occidentaux et musulmans dans le contexte actuel de crise d'identité que chaque camp vit de nos jours. Dans le monde occidental, le phénomène actuel de la mondialisation et – en ce qui concerne l'Europe – l'émergence de l'Union européenne représentent un nouveau défi au concept de l'État-nation. Ainsi, les points de référence habituels de l'identité nationale sont mis à mal et le phénomène de l'immigration ne fait qu'ajouter un risque supplémentaire à la menace de l'homogénéité culturelle (p. 24).
En ce qui concerne les musulmans, la crise d'identité est également réelle. De fait, l'auteur souligne le retard économique de la majorité des sociétés musulmanes, les démocraties imparfaites et l'absence d'une contribution significative des sociétés musulmanes riches au progrès intellectuel et scientifique. De plus, les musulmans qui vivent en Occident doivent faire face à un environnement où la religion et ses valeurs occupent une place extrêmement réduite.
Dans un tel contexte d'incertitudes et d'inquiétudes, le dialogue entre les deux parties est rendu difficile, presque impossible. Tariq Ramadan souligne qu'il est primordial de tenir compte de l'état psychologique de chacun si l'on désire comprendre les peurs, la tentation de rejet, le repli sur soi... de chaque partie. Afin d'établir tout de même le dialogue, l'auteur estime que nous avons l'obligation de nous faire confiance mutuellement et de reprendre assurance en nous-mêmes (p. 29).


L'auteur attire notre attention sur les différence profondes entre les musulmans immigrés qui sont arrivés en Occident il y a plusieurs dizaines d'années et les jeunes musulmans aujourd'hui occidentaux : si les premiers ne se sentaient certainement pas appartenir à la culture européenne ou américaine, les deuxièmes revendiquent leur identité occidentale. Également, c'est la perception de la laïcité par ces musulmans qui a évolué : ils ont compris que le concept de la séparation entre l'Église et l'État n'implique pas forcément la disparition des religions ; plutôt, il s'agit de légiférer sur leur présence dans la sphère publique (p. 32).
Cette évolution a permis à de nombreux musulmans d'abandonner leurs scrupules à s'identifier avec les nationalités des pays de l'ouest dans lesquels ils vivent et de s'affirmer comme citoyens à part entière de leurs pays de résidence. Les conséquences de cette nouvelle donne est leur implication plus importante qu'auparavant dans tous les aspects de la vie : sociaux, politiques, culturels... (p. 32)
De fait, Tariq Ramadan estime que nous assistons à une véritable révolution silencieuse : celle qui voit les musulmans qui résident dans nos pays tisser des liens de plus en plus nombreux avec leurs compatriotes non-musulmans. S'il s'agit d'une révolution silencieuse, la raison en est que les médias ne s'intéressent pas à ce mouvement historique (p. 33).
Bien sûr, certains citoyens musulmans sont extrémistes et la violence peut même faire partir de leur mode d'expression. Ce sont eux qui attirent l'attention du public et des médias et leur volonté de ne pas s'identifier avec les valeurs de l'Occident jette alors le discrédit sur l'ensemble des musulmans respectueux des lois de leur pays (p. 32).
L'auteur aborde le concept de la « double-identité » qui est souvent perçu comme une forme de trahison. Un musulman doit-il se définir américain, français, italien... avant d'être musulman ou l'inverse ? Choisir semble une obligation afin de prouver sa loyauté à ses compatriotes. Pourtant, Tariq Ramadan dénonce cette vision simpliste de l'identité et rappelle que chaque individu peut en posséder plusieurs. Ainsi, il n'existe pas de contradiction à prétendre que dans le domaine de la religion, un individu peut se définir comme musulman, juif ou chrétien, tandis que pour une activité différente (par exemple : lors d'élections), un individu votera en tant que canadien, australien ou espagnol (p. 36).
Cette identité multiple doit permettre à chaque musulman de pouvoir apporter un appui réfléchi à sa communauté religieuse, c'est-à-dire de conserver la possibilité de dénoncer les musulmans s'ils soutiennent une cause raciste ou des dictatures, des attaques terroristes ou le meurtre d'innocents. En même temps, chaque musulman se doit de dénoncer son gouvernement si celui-ci s'engage dans une guerre injuste, soutient l'apartheid ou s'associe avec les pires dictateurs dans le monde (p. 39).
Tariq Ramadan pense qu'être un patriote est certainement un sentiment positif, mais que ce sentiment ne justifie pas un soutien à un nationalisme aveugle et chauvin. En guise d'exemple, l'auteur cite celui des personnes qui – pendant la deuxième guerre mondiale – refusèrent de livrer des personnes juives à leur gouvernement, ceux qui refusèrent de livrer bataille au Vietnam, qui s'opposèrent à l'apartheid, à instrumentalisation de la religion dans le but de créer un système autocratique islamique (comme en Arabie Saoudite), ceux qui condamnent les attaques terroristes contre des innocents faites au nom de la religion (p. 40).
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mardi 2 octobre 2012

Vive le voile... volontaire !

Au sujet du voile porté par les femmes musulmanes (l'autoriser, l'interdire...), l'ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser semblait avoir déjà découvert la solution : s'il est porté d'une façon volontaire, il n'y a aucun problème à accepter que les femmes musulmanes portent le voile. J'ajouterais : "y compris dans les écoles de France et de Navarre."


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jeudi 27 septembre 2012

Bienvenue à la nouvelle mosquée !


Aujourd'hui 27 septembre, la nouvelle Grande Mosquée de Strasbourg est inaugurée. Je souhaite de nombreux jours de prières exaltées en ces lieux à tous les musulmans de France (et d'ailleurs). Loin de la haine de l'Occident, de toutes les formes d'extrémisme, les musulmans de France possèdent à compter d'aujourd'hui un superbe lieu pour se receuillir. Souhaitons-leur une longue vie de bonheur en France !

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vendredi 21 septembre 2012

Manifestation raciste des islamistes


Dans la manifestation récente d'islamistes à Paris, on nous dit que les choses étaient "sous contrôle" et que "tout s'est bien passé."
Pourtant, dans la vidéo ci-dessous on entend à plusieurs reprises les manifestants appeler au crime en disant : "Mort aux juifs !" Pour quelle raison les médias nous tiennent dans l'ignorance. Pour quelle raison aucun recteur de mosquée s'est élevé contre un tel comportement ? Enfin, quel rapport existe-t-il entre la raison de la manifestation (un film) et les juifs ?



Le jour où les arabes cesseront d'être antisémites et le jour où les dirigeants spirituels musulmans s'élèveront avec force contre toute forme d'antisémitisme, le conflit au Proche-Orient sera terminé. En attendant, nous devons les entendre crier : "Mort aux juifs !"
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mercredi 19 septembre 2012

dimanche 16 septembre 2012

Mon Dieu, pardonne-les : ils sont devenus fous !

Créateur du monde, Roi de l'univers... je ne voudrais surtout pas Te manquer de respect. Je ne T'ai jamais vu, ni jamais entendu. Cependant, je ne suis pas entièrement inculte : j'ai déjà lu que Tu existes. Aujourd'hui, je tente ma chance : au point ou on en est, je ne sais plus trop à qui m'adresser.

Tes brebis sont devenues folles. Il leur suffit d'un film qui leur déplaît pour tuer. Oui, j'ai bien dit : tuer. En plus, elles ne tuent pas une seule personne ; plutôt, elles semblent assoiffées de sang et en redemandent. Mets-Toi à ma place : que puis-je faire devant tant de haine et de bêtise ?

En France, ils étaient déjà très remontés contre la foi. Cette histoire de Libye, d'ambassadeur tué et de film minable n'arrange rien à la situation. J'aimerais bien que Tu fasses quelque chose car cela m'embêterait qu'on s'en prenne aux croyants : les juifs, les chrétiens, les musulmans... moi je les aime tous. Aussi longtemps qu'ils ne viennent pas me forcer à me convertir à quoi que ce soit, je ne vois pas pourquoi les croyants ne devraient pas bien vivre en France.

Avant que je reçoive Ta réponse, j'ai pensé à un truc. Je sais, c'est pas terrible, mais cela a au moins le mérite d'exister. Alors je Te présente ma proposition ; son objectif est d'assurer l'harmonie entre toutes Tes créatures : celles qui croient en Toi et celles qui ne croient pas en Toi. Je pense qu'on peut atteindre cet objectif si on met de côté Tes brebis galeuses. C'est mon souhait le plus cher en formulant ma proposition.



Je voudrais que les leaders spirituels de France (et si d'autres leaders d'autres pays veulent se joindre, ils sont les bienvenus) déclarent ensemble quelque chose de très simple. Quelque chose comme :

« Ils est interdit et meurtrier de tuer au nom de Dieu. Les personnes qui le font s'opposent à la volonté divine. »

Qu'en penses-tu ? Je voulais faire simple afin d'être compris rapidement et par le plus grand nombre. Cela me semble pas compliqué : la personne qui en tue une autre au nom d'une croyance (je me fiche de laquelle) ne fait absolument pas ce que Dieu désire. C'est pas difficile à comprendre, hein ?

Note que je demande à tous les leaders spirituels de faire cette déclaration. Je ne voudrais surtout pas qu'on pense que j'en ai contre les musulmans. Peut importe qui tue au nom de Dieu et un meurtrier. C'est difficile à comprendre ?

Je propose également que les leaders qui refusent d'approuver ma proposition soient inculpés ou mis en accusation pour incitation à la haine et au meurtre. Moi j'aime bien les croyants, mais pas les créatures dangereuses. Celles qui refusent de dénoncer les « meurtriers de la guerre sainte » sont des fous furieux qui faut mettre hors d'état de nuire.

Alors voilà, c'est fait ! Je ne sais pas vraiment à qui je vais envoyer ma proposition, mais je Te fais confiance : que le plus grand nombre la lise et l'approuve ! Ceux et celles qui le désirent peuvent déjà signaler leur soutien sur ma page Facebook que je viens de créer à cet effet..
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